Fuite d’acide dans un fleuve mexicain. 20 000 méxicains privés d’eau.

En parfait accord avec le paysage rocheux, la teinte orangée du fleuve mexicain Sonora aurait eu de quoi éblouir en d’autres circonstances, et sans son odeur de pourriture. Si, d’après un habitant, le fleuve devient plus rouge de jour en jour, c’est précisément parce qu’une fuite de 40.000 mètres cubes d’acide sulfurique a rendu inutilisable cette ressource du nord-ouest du pays, depuis le 6 août.

20.000 habitants privés d’eau

Une tragédie aux yeux de 20.000 habitants et pour sept villes privés d’eau depuis la catastrophe écologique. « Si on tue une vache, on ne va pas savoir si on peut la manger, si ça va être bon ou pas… ils disent que si [le bétail] a bu juste un peu d’eau [du fleuve], il est déjà infecté » explique Ramona, une femme de ménage qui attend l’eau gratuite remplaçant celle de son robinet. Une semaine après la fuite, les demandes en eau sont abondantes, et le camion-citerne venu ravitailler la zone est vide lorsque de nouvelles demandes affluent.

Un barrage mal construit

« Il y avait un défaut de structure dans le barrage, qui n’était pas bien surveillé ni bien construit, ce qui a entraîné ce problème », selon César Lagarda, responsable local de la Commission nationale de l’eau. D’après Juan Rebolledo, vice-président des relations internationales de l’entreprise qui gère la mine, Grupo Mexico ; l’accident s’explique par les « pluies atypiques » survenues dans la région. Ces dernières auraient fait déborder les réservoirs. Mais l’entreprise se montre rassurante : « le contenu de ces acides n’est pas toxique en lui-même. Il n’y a aucun problème à avoir, ni de conséquence grave pour la population, tant que l’on prend les précautions adéquates et que l’entreprise verse, comme elle le fait actuellement, de la chaux » pour neutraliser l’acidité du produit, a-t-elle expliqué.

Violation des droits de l’Homme ?

La Commission nationale des droits de l’Homme a ouvert une enquête « pour les possibles violations des droits de l’Homme des habitants de la région de Sonora, affectés par la fuite ». Les associations environnementales ont alerté des dangers pour la santé de cette eau polluée. Grupo Mexico a également affirmé avoir alerté les autorités dès le 6 août, une version que contredit Jesus Arias, responsable de la Protection civile de la région. D’après lui, la mine « n’a prévenu aucune autorité ».

Celle-ci apporte 9000 emplois directs et la région de Sonora, qui regroupe 27% de l’activité minière au Mexique, est la principale productrice d’or, de cuivre et de graphite du pays.

Source : ladepeche.fr

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Le Paraguay rend les terres du Chaco aux Sawhoyamaxa, propriétaires ancestraux de la région

Après les approbations du Sénat et de la Chambre des députés, il ne reste plus que l’accord (ou le véto) du président Horacio Cartes Jara pour que les terres de la région du Chaco, dans le nord du Paraguay, soit enfin restituer à leurs propriétaires légitimes.

Actuellement, les propriétaires officiels de ces terres sont deux entreprises (Kansol et Roswell Company) dont l’une est controversée. Selon le site Paraguay.com, dans les années 1980, elle a été condamnée pour avoir arnaqué des investisseurs allemands avec un schéma de vente de terrain frauduleux.

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« Le Paraguay est le seul pays sous la juridiction de la CIDH (Cour Interaméricaine du Droit Humain – Corte Interamericana de Derechos Humanos) qui a été condamné à trois reprises pour violation des droits des peuples autochtones », d’après Eduardo Arce, journaliste spécialiste du domaine amérindien. A ce sujet, il faut aussi préciser que le Canada, les Etats-Unis, le Belize, Cuba, le Venezuela, Trinidad-et-Tobago, et la Guyana ne sont pas membres de cette institution. Par ailleurs, le Pérou a récemment beaucoup critiqué la CIDH. De toute évidence, il y aurait un problème d’intégrité dans la politisation de cette institution…

Aujourd’hui, le Paraguay est sur le point de restituer les terres indigènes aux autochtones en expropriant deux entreprises. Ce serait une première. A noter que, politiquement, le Paraguay est dirigé par la coalition ANR-PC (Allianza Nacional Republicana-Partido Colorado – Alliance Nationale Républicaine-Parti Colorado), coalition de droite libérale malgré le rouge comme couleur dominante.

Le président paraguayen, Horacio Cartes Jara

Le président paraguayen, Horacio Cartes Jara

Un autre maire mexicain arrêté à cause de liens supposés avec un cartel de drogue

Un juge fédéral a requis la prison pour Jesús Cruz Valencia, ex-maire d’Alguililla, municipalité du, tristement célèbre, Michoacán. Cet ancien maire du PRI (Partido Revolucionario Instuticional), parti politique actuellement au pouvoir au Mexique, a tenté de reprendre ses fonctions le 12 Mai dernier alors que celui-ci n’était plus maire depuis Juin 2013. En effet, dans un premier temps les habitants l’auraient destitué dans la journée suivant sa tentative.

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Le 20 Janvier dernier le conseil municipal avait pourtant demandé la suspension de Jesús Cruz Valencia, mais cette demande a été abandonnée à cause d’un manque de charges justifiées et motifs valides à son encontre.

De plus, cet ancien maire aurait été impliqué, selon de nombreuses sources locales, dans des affaires de crimes organisés. En effet, des messages de soutiens à Jesús Cruz Valencia sont affichés partout dans la ville, signés les « Caballeros Templarios ». Eux-mêmes qui avaient dû combattre les milices civiles d’autodéfenses durant la fin d’année 2013, jusque janvier 2014!

D’après le gouvernement, Jesús Cruz Valencia a récemment été transféré par les forces fédérales vers Morelia, la capitale de l’Etat du Michoacán.

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Il est donc la quatrième fonctionnaire de l’Etat du Michoacán, à être accusé pour des faits similaires, c’est-à-dire : crimes organisés, et délits contre la santé publique. Rien que cette semaine ce sont deux maires qui ont été arrêtés à cause de lien supposés avec le cartel des « Caballeros Templarios ».

En attendant son jugement, Jesús Cruz Valencia est actuellement retenu dans une prison du Nayarit, Etat au Nord du Michoacán, situé dans l’Ouest du Mexique.

 

(Le Suricate)

Le Vietnam connait les pires violences antichinoises

Une manifestation anti-chinoise à Ho Chi Minh-Ville, le 11 mai 2014
(c) Afp

D’après l’AFP,

Des manifestants antichinois ont incendié plus de dix usines au Vietnam, une éruption de rage sans précédent depuis des décennies, après le déploiement par Pékin d’une plateforme pétrolière dans des eaux revendiquées par Hanoï.

La Chine a exprimé ses « graves inquiétudes » après ces incendies doublés du pillage d’usines et bureaux d’entreprises estampillées « chinoises » lors de ces incidents, rarissimes au Vietnam, tenu par un régime communiste autoritaire à parti unique.

La police antiémeutes a été déployée et la situation redevenue calme, selon les autorités, après ces violences survenues mardi lors de manifestations de milliers de Vietnamiens travaillant dans des zones industrielles à capitaux étrangers, élément clé de l’économie vietnamienne.

Plusieurs usines ont dû fermer temporairement, dont un fournisseur pour les groupes américains Nike et Adidas.

Ces incidents se sont produits dans des zones industrielles de la province de Binh Duong, près de Ho Chi Minh-Ville, la capitale économique, dans le sud du pays.

Des entreprises taïwanaises, sud-coréennes et japonaises en ont également été victimes, dans une apparente méprise des manifestants.

Aucun blessé n’a été signalé. Mais quelque 500 émeutiers ont été interpellés après avoir été « pris en flagrant délit de pillage, de vol et d’incendie des usines », a déclaré mercredi à l’AFP Le Xuan Truong, de la police de la province de Binh Duong.

Hanoï a promis « des sanctions sévères pour ceux qui ont abusé de la situation pour créer des troubles », selon un responsable de la police cité par le site d’information VNExpress.

Ces émeutes montrent « les dangers d’une ferveur nationaliste déchaînée, notamment dans un environnement institutionnel répressif comme au Vietnam », commente Jonathan London, de la City University de Hong-Kong.

Dans ce pays sans médias indépendants, des vidéos et des images publiées sur des blogs de dissidents ont montré des milliers d’ouvriers détruisant des portails d’usines, brisant des fenêtres et détruisant des bureaux.

Les exportations de biens de production sont un pilier de l’économie, avec des entreprises comme le géant de l’électronique sud-coréen Samsung.

Des entreprises taïwanaises, japonaises et sud-coréennes ont suspendu leur activité mercredi.

– Appels au calme –

« Nous appelons les Vietnamiens à se maîtriser et à ne pas commettre d’actions violentes et irrationnelles, car cela aurait des conséquences sur la volonté des hommes d’affaires taïwanais à investir », a mis en garde le chef de la diplomatie taïwanaise, David Lin.

L’Association des nations d’Asie du sud-est (Asean) avait fait part la veille de sa « grande préoccupation » à propos des disputes territoriales en mer de Chine méridionale.

Chine et Vietnam ont des différends de longue date sur les archipels des Paracels et des Spratleys, dont les fonds sont supposés riches en pétrole et qui constituent d’importantes voies maritimes internationales.

Les tensions bilatérales ont fortement augmenté depuis l’annonce début mai par Pékin du déploiement d’une plateforme de forage pétrolier en eau profonde dans les eaux contestées, un acte décrit par les Etats-Unis comme « provocateur ».

Le Vietnam a dénoncé une décision « illégale » et exigé que la plateforme soit retirée. Hanoï a aussi envoyé des navires dans la région.

Certains auraient été attaqués par des navires chinois, selon Hanoï. « Faux », selon le ministère chinois des affaires étrangères.

Sur la seule journée de mardi, « des navires vietnamiens ont percuté 169 fois des bateaux chinois » lors d’un voyage de presse organisé par Hanoï, a comptabilisé la porte-parole de la diplomatie chinoise, Hua Chunying.

Dimanche, un millier de personnes avaient manifesté devant l’ambassade deChine à Hanoï pour protester contre les ambitions territoriales de Pékin.

Des dizaines de manifestations antichinoises ont eu lieu depuis fin 2007 auVietnam, mais sans atteindre cette ampleur.

Selon des experts, le gouvernement vietnamien permet certainesmanifestations afin d’exprimer son extrême mécontentement envers Pékin.

« C’est une bonne leçon pour l’Etat », qui a autorisé les manifestants à exprimer leur colère sur ce sujet, mais s’est laissé déborder, analyse l’historien Duong Trung Quoc.

Le renard

-Sources: AFP , nouvel obs

Le tourisme et les peuples indigènes

 

Comme tous les humains, nous nous déplaçons. Nous voyageons, nous l’avons toujours fait. Voyager est un acte solidement ancré dans la mentalité humaine. N’avons-nous pas quitté les savanes africaines il y a des milliers d’années pour découvrir le reste du monde?

Aujourd’hui, l’industrie du voyage est l’un des grands secteurs de l’économie mondiale. Nous quittons notre foyer pour nous lancer à l’assaut des montagnes, randonner dans les forêts tropicales et les déserts, danser à Cuba, traverser le détroit des Dardanelles à la nage, flâner dans les souks ou paresser sur une plage. Dans son livre L’art du voyage, l’écrivain suisse Alain de Botton réfléchit sur les raisons profondes qui nous poussent à voyager. Il estime que la première d’entre elles est la recherche de perspectives nouvelles, car il pense que nous ne pouvons véritablement nous construire sans changer de lieu d’existence.

Le changement était une motivation fondamentale de l’écrivain-voyageur Bruce Chatwin. ‘Changer d’habitudes, de nourriture, d’amours et de paysages’, écrit-il. ‘Nous en avons autant besoin que de l’air que nous respirons’.

Ainsi, voyageons-nous pour approfondir nos connaissances, pour le plaisir, pour nous éclairer, pour atténuer l’ennui de la routine quotidienne et pour satisfaire les rêves de nos esprits curieux.

Nous voyageons pour secouer nos âmes et apaiser notre inquiétude atavique. Che Guevara pensait que ‘nous ne voyageons que pour voyager’. Il semblerait maintenant que nous en voulions davantage. Nous désirons atteindre des contrées toujours plus hautes, plus lointaines, plus sauvages. Alors que le monde s’urbanise et s’homogénéise de plus en plus, l’appel de l’inconnu se fait probablement plus pressant et les raisons de voyager vers des horizons lointains toujours plus fortes.

Mais c’est là que le tourisme d’aventure peut devenir extrêmement dangereux – pour les peuples indigènes. Les destinations touristiques recommandées dans les guides ou promues par les agences de voyage, qui vont des profondeurs de la verte Amazonie aux glaces bleutées de l’Arctique en passant par les hautes terres de Papouasie, sont souvent habitées depuis des générations par des peuples indigènes. Ce qui constitue un lieu de dépaysement pour un homme est un lieu de vie pour un autre.

 

Les modes de vie des peuples indigènes peuvent être gravement perturbés et même menacés par le tourisme. Leurs droits territoriaux sont reconnus par le droit international et devraient être respectés, que les gouvernements nationaux appliquent ou non la loi. Lorsqu’ils se trouvent en territoire indigène, les touristes devraient se comporter comme ils le feraient dans n’importe quelle propriété privée.

 

Il est également dangereux pour les touristes d’approcher des groupes ayant peu de contact avec le monde extérieur. Il est tout à fait possible que ceux-ci réagissent de manière hostile envers les intrus. De même, les touristes peuvent leur transmettre des maladies infectieuses contre lesquelles ils sont peu immunisés. ‘Il n’y a pas de problème à ce que des touristes se rendent chez des peuples indigènes en contact régulier avec le monde extérieur depuis un certain temps, mais seulement s’ils le désirent, s’ils peuvent contrôler eux-mêmes où vont les touristes et ce qu’ils font, et s’ils en obtiennent un retour équitable’, recommande Stephen Corry de Survival International.

 

Le tourisme représente une grave menace sanitaire pour les Jarawa des îles Andaman, dans l’Océan Indien. Des tour-opérateurs peu scrupuleux conduisent des milliers de touristes chaque mois le long de la route illégale, l’Andaman Trunk Road, qui traverse leur réserve dans l’espoir qu’ils puissent observer des membres de la tribu. Ce genre de tourisme s’apparente à un sinistre safari humain. Une épidémie risque de faire disparaître en peu de temps cette tribu de chasseurs-cueilleurs. Cependant, un espoir subsiste : suite à l’appel au boycott de la route que Survival a lancé auprès des touristes, six agences touristiques, sensibles au sort des Jarawa, ont soutenu cette initiative, certaines d’entre elles allant jusqu’à distribuer des tracts à l’aéroport de l’île pour appeler à un boycott total de la route. Mais tant que la route restera ouverte, la menace continuera de planer sur les Jarawa.

 

Ainsi, lorsque tourisme et peuples indigènes entrent en conflit, les raisons de cet engouement pour le voyage ont besoin d’être soigneusement analysées.

Les voyageurs qui envisagent de visiter des zones indigènes doivent penser aux effets à long terme de l’impact de leur visite sur ces peuples et ne pas uniquement vouloir ressentir le frisson fugace d’une expérience exotique à raconter une fois rentrés à la maison. Le bonheur du voyage et de la découverte – le besoin de trouver le beau’ selon les mots du poète Ralph Waldo Emerson – ne justifie pas la mise en danger des peuples indigènes.

 

Sources: Survival international

 

LE FMI aide l’Ukraine à hauteur de 17 milliard de dollars

 

Le Fonds monétaire international a approuvé mercredi 30 avril un nouveau plan d’aide en faveur de l’Ukraine, dont le montant sera de 17 milliards de dollars sur deux ans.

Cet accord ouvre aussi la voie à d’autres donateurs (Union européenne, Banque mondiale…) afin de parvenir à un plan de sauvetage global de 27 milliards de dollars alors que le pays est menacé de banqueroute et fragilisé par une insurrection prorusse dans l’Est.

Ardemment soutenue par les Occidentaux, l’aide du FMI doit permettre à Kiev defaire face à ses obligations financières, notamment vis-à-vis de son voisin russe.

Gazprom réclame 2,2 milliards de dollars pour ses livraisons récentes de gaz tandis que Moscou exige 11,4 milliards d’arriérés au titre des réductions de prix accordées à l’Ukraine ces dernières années. Un montant est contesté par Kiev.

ÉCONOMIES DRASTIQUES

Le feu vert du conseil d’administration du FMI, qui représente ses 188 Etats membres, permet le déblocage « immédiat » d’un premier prêt de 3,2 milliards de dollars à Kiev. Les prochains prêts de l’institution ne seront toutefois débloqués que par étapes et à la condition que Kiev applique un programme d’économies drastique.

Les autorités intérimaires à Kiev, qui avaient appelé l’institution à l’aide au début de mars, ont déjà donné des gages de bonne volonté en annonçant une baisse des subventions énergétiques (qui se traduira par une hausse de 50 % des prix du gaz), une mesure réclamée de longue date par le Fonds.

La tâche s’annonce toutefois ardue pour l’Ukraine, dont l’économie devrait secontracter de 5 % cette année, selon les projections du Fonds, alors qu’une récession d’environ 4 % était jusque-là attendue. La croissance devrait repartir dès 2015, selon l’institution.

REMBOURSEMENT DU FMI

Ce plan d’aide est le troisième accordé par l’institution à l’Ukraine depuis 2008. Il doit également permettre d’améliorer le climat des affaires, mais reste sujet à de fortes incertitudes liées à la crise politique.

Le passif du pays avec le FMI ne plaide, par ailleurs, pas en sa faveur. Les deux précédentes lignes de crédit accordées à l’Ukraine (16,4 milliards de dollars en 2008, 15,1 milliards en 2010) avaient été rapidement interrompues face au refus des autorités de mettre en œuvre des réformes impopulaires. Cinq des 17 milliards annoncés mercredi devront d’ailleurs être utilisés par Kiev pourrembourser le FMI lui-même.

 

( Le renard )

 

Sources : Le monde , AFP

 

Afghanistan : un second tour aux élections présidentielles

Comme prévu c’est le Dr. Abdullah Abdullah qui est arrivé en tête des élections, juste devant l’autre favori, le Dr. Ashraf Ghani Ahmadzai. Tous deux ayant respectivement obtenu, 44,9% et 31,5% des voix exprimées (Pour être élu dès le premier tour, il faut réunir un minimum de 50% des voix).

Source : H. Maurel/RFI

Source : H. Maurel/RFI

Dans ce pays de 31 millions d’habitants, 7 millions d’électeurs se sont rendus aux urnes. A noter que les élections ont été beaucoup plus calmes que les campagnes électorales. L’armée pakistanaise avait filtré les passages du Pakistan vers l’Afghanistan, afin de limiter un maximum le risque d’attaques terroristes perpétrées par les Talibans (Les Talibans sont généralement afghans ou pakistanais, leurs zones d’actions est très intenses dans les régions tribales. Régions montagneuses, difficile d’accès, peu développées, peuplées d’à peine 5 millions d’habitants, principalement Pachtounes et souvent hostile au pouvoir d’Islamabad). Naturellement, le Pakistan a compris qu’il devait collaborer avec son voisin, car la guerre en Afghanistan touche aussi le Pakistan. Des dizaines de milliers de pakistanais sont morts dans cette guerre.

D’ailleurs, le Pakistan ne soutient officiellement aucun des candidats afghans. Le second tour est prévu le 28 Mai

(Le Suricate)

La loi sur la commercialisation de la marihuana en Uruguay ne fait pas l’unanimité…

Selon José Mujica, actuel président de l’Uruguay, la politique de répression du pays contre la marihuana n’est pas fructueuse et la situation en Uruguay est de pire en pire. On parle de chemin alternatif à celui de la guerre des drogues.

Dans un entretien téléphonique avec la BBC Mundo, Mujica explique que la réglementation de cette loi contient 100 articles, et que le sujet est donc délicat. « Et ce n’est en rien ce à quoi pensent certains : [une loi] laissant la possibilité au peuple à consommer des drogues ou de la marihuana à tambour battant », a-t-il ajouté. D’après Mujica, la consommation de cannabis aurait été multipliée par 100 en 25 ans, malgré les pressions, les répressions, les confiscations de chargements de drogues, etc…

Mais le président uruguayen a d’ores et déjà annoncé que la voie que le pays allait emprunter n’est pas un « chemin triomphal » mais un « chemine d’expérience ». José Mujica rappelle que chaque addiction reste une « peste », et que l’expérience législative et sociale (voire économique) de la commercialisation du cannabis est menée avec « honnêteté intellectuelle ».

Mujica

L’Organe International de Contrôle des Stupéfiants (OICS) a, quant à elle, critiqué cette « expérience » rejoignant ainsi l’opposition politique uruguayenne (Partido Colorado, et Partido Nacional), ainsi qu’une grande partie de la population si l’on tient compte d’un récent sondage paru le 7 Mai.

stats(Les données chiffrées ont pour source l’enquête de « Equipos Mori », publiée sur le journal uruguayen « El País »)

Pour le président Mujica, être contre cette expérience est compréhensible lorsque l’on est conservateur et parmi « ceux qui refusent chaque changement ». Cette expérience permettrait de constater dans plusieurs années si la consommation de drogues augmente ou diminue, et d’en tirer une conclusion sociale. Quant aux attaques de l’opposition, Mujica ajoute : « Je ne suis pas impressionné par les cris qui me frappent. J’ai ma manière de pensée. »

 

marihuanaConsommation : Qui ?

Pour consommer, il faut être majeur (18 ans en Uruguay), et avoir la nationalité uruguayenne, légale ou naturelle. C’est-à-dire être né uruguayen, ou avoir été naturalisé en résidant sur le sol uruguayen avec une « résidence permanente dûment accréditée ».

De plus, les consommateurs devront s’enregistrer sur une base de données confidentielle du gouvernement, certainement pour faciliter les études et les statistiques qui serviront dans quelques années à tirer une conclusion sociale.

Il sera possible de cultiver soi-même son propre cannabis mais pour ce faire, il faut que l’individu intéressé s’enregistre à son tour auprès de l’IRCCA (Institut de Contrôle et de Régulation du Cannabis – Instituto de Regulación y Control de Cannabis), crée par la loi votée en Décembre, dans un délai de 180 jours.

 

Production, Consommation : Comment ?

La production de la marihuana sera assuré par six entreprises privées (un appel a déjà été lancé par l’IRCCA), qui devront garder leurs plantations par les forces policières voire l’Armée. Les coûts de sécurité seront au compte de l’entreprise. Chaque entreprise aura à sa disposition 1.5 hectares à exploiter. Le quotidien uruguayen El País précise « Les entreprises devront détailler la structure de sa société, et l’origine des fonds de ses investisseurs ».

Le taux de tétrahydrocannabinol (THC) est fixé à 15% (aux Pays-Bas, le taux de THC est également et strictement limité à 15% maximum)

Le gramme de marihuana, qui ne sera pas exposé au public, ou en vitrine, coûtera entre 0.63€ et 0.69€, soit entre 20 et 22 pesos uruguayos. Aux Pays-Bas, le coût par gramme est compris entre 2 et 15€. Tout dépend de la variété, du type, et de la quantité consommée. En général le prix est d’environ 5€. A noter que le revenu moyen par habitant en parité de pouvoir d’achat (PPA) d’Uruguay est le plus élevé d’Amérique Latine avec 17.343 dollars, (juste devant le Venezuela dont le revenu moyen par habitant en PPA est de 16.965 dollars). Ces chiffres étant parus sur le journal mexicain « La Jornada » en s’appuyant sur les données de la Banque Mondiale. Les Pays-Bas ont, pour le même indicateur, 42.300 dollars.

Les achats seront limités à 10 grammes par semaine.

Pour se procurer le produit, il faudra se rendre en pharmacie (même si celles-ci ne sont pas obligées d’en vendre), dans des clubs dédiés à cet effet (ce qui pourrait rappeler les coffee shops aux Pays-Bas), ou alors utiliser sa propre culture. (Voir ci-dessus)

La consommation de la marihuana sera, comme celle du tabac, interdite dans les lieux fermés et les transports en commun.

 

(Le Suricate)

Soudan du Sud : Riek Machar parle de « colonisation » concernant les exploitations pétrolières

Indépendant depuis Juillet 2011, le jeune État du Soudan du Sud est un pays enclavé d’Afrique de l’ouest, sensiblement aussi grand que la France et peuplé d’à peine 10 millions d’habitants. Sa population est constituée d’un grand nombre d’ethnies : les Dinkas (36% de la population totale), les Nuers (15%), les Zandés (10%), les Shilluks (3%) et des peuplades arabes, parfois nomades, pour ne citer que les principales.

La présence de pétrole, de grands pâturages, et de nombreuses terres fertiles notamment et surtout sur les bords du Nil, ressources indispensable dans cette région où la faim est constamment à l’affût, ont déjà été des motifs de contestation territoriale entre le Soudan et le Soudan du Sud. Actuellement, une dizaine de grands groupes d’exploitation pétrolière du monde entier sont présents au Soudan du Sud.

Le parti politique dominant, voire quasi omniprésent, est le SPLM (Sudan People’s Liberation Movement – الحركة الشعبية لتحرير السودان – Mouvement Populaire de Libération du Soudan), dont l’idéologie dominante est le nationalisme et le conservatisme. C’est ce parti qui a œuvré à l’indépendance du Soudan du Sud. Leur devise est « Egalité, Unité, Progrès ». Le SPLM, représente 160 sièges sur 170 à l’Assemblée Législative du Soudan du Sud, et est constitué d’une diversité ethnique. C’est de cette diversité et de ce parti que son issu l’actuel président Salva Kiir, et l’ex vice-président Riek Machar (destitué l’été dernier). Bien qu’ils soient tous les deux chrétiens, l’un est un Dinka (ethnie majoritaire), et l’autre un Nuer (plus grande minorité). Malgré cette différence notable, les origines du conflit au Soudan du Sud ne sont pas réellement ethniques, mais plutôt politiques.

Sud-Soudan-carte2 vuessurlemonde(source de l’image : http://www.vuessurlemonde.com/2013/04/18/a-quand-lintegrite-territoriale-sud-soudanaise/)

En Juillet 2013, le président Salva Kiir a limogé Riek Machar, son vice-président, après que ce dernier ait officiellement annoncé son intention de se présenter aux élections présidentielles de 2015, ce qui l’aurait forcément opposé au président actuel. En décembre dernier, Riek Machar et ses partisans tentent un coup d’Etat sans succès, laissant derrière cette tentative, presqu’une centaine de morts. Ce-dernier serait donc actuellement en fuite. Selon lui, le président Salva Kiir aurait divisé le jeune pays entre les ethnies, et en aurait pris une pour bouc-émissaire. « La solution pacifique serait que Salva Kiir quitte le pouvoir », a-t-il dit. Riek Machar a annoncé récemment sa volonté de reprendre la ville de Malakal au nord du Sud-Soudan, ville d’environ 150.000 habitants, dont l’économie dépend essentiellement de l’agriculture. Cependant, des exploitations pétrolières se trouvent également sur place. Pour lui les champs pétrolifères n’ont pas à être exploités par les entreprises actuelles (Total, Elf, et bien d’autres comme les compagnies chinoises), car c’est de la « colonisation ».

Même si le conflit est d’origine politique, les combats prennent une tournure de guerre ethnique car ils opposent très généralement les Dinkas aux Nuers, les uns défendant le président Salva Kiir, les autres soutenant l’ex vice-président Riek Machar.

Le 16 Avril dernier, la ville de Bentiu, non loin de Malakal, a été prise par les forces rebelles de Riek Machar. Le pouvoir les accuse de commettre des « atrocités » à l’égard de la population.

Marcha-Kiir(Riek Machar, à gauche, et Salva Kiir à droite)

Selon les Nations-Unies, les combats provoquent des pénuries alimentaires. Des exactions seraient commises par les deux camps (viols et homicides de masse, massacres, tortures etc…). Selon Navi Pillay, du Haut-Commissariat des Droits de l’Homme aux Nations-Unies, plus de 9.000 enfants auraient été enrôlés, autant par le gouvernement que par les forces rebelles.

Le conseil de Sécurité de l’ONU s’est pourtant réuni en urgence le 23 Avril, quelques jours après la prise de Bentiu par les forces rebelles, accusés d’y perpétrer des massacres. Mais pas d’intervention militaire, juste des condamnations, et le maintien des camps de réfugiés. D’ailleurs des dizaines de milliers de personnes se sont déjà réfugiées dans les camps sous la protection des forces armées de l’ONU.

Récemment, des charniers auraient été découverts, et selon Médecins Sans Frontières (MSF), des hôpitaux et centre de santé auraient été dévastés lors de combats à Malakal en février, et dans l’État de Unity (district pétrolifère au nord, limitrophe du Soudan, et comprenant la ville de Bentiu).

Par ailleurs, en Février, le cessez-le-feu amorcé en Janvier est rompu. Alors que le gouvernement de Salva Kiir dit que les rebelles sont bien armés, les forces rebelles de Riek Machar accusent l’Ouganda de frappes aériennes appuyant les forces gouvernementales.

La guerre a déjà causé la fuite d’environ 1.000.000 de réfugiés, dont le quart soit 250.000 seraient partis dans les pays voisins (République Centrafricaine, République Démocratique du Congo, etc..) depuis décembre 2013. Pays qui sont également, pour la plupart, en guerre interne.

 

(Le Suricate)