Un autre maire mexicain arrêté à cause de liens supposés avec un cartel de drogue

Un juge fédéral a requis la prison pour Jesús Cruz Valencia, ex-maire d’Alguililla, municipalité du, tristement célèbre, Michoacán. Cet ancien maire du PRI (Partido Revolucionario Instuticional), parti politique actuellement au pouvoir au Mexique, a tenté de reprendre ses fonctions le 12 Mai dernier alors que celui-ci n’était plus maire depuis Juin 2013. En effet, dans un premier temps les habitants l’auraient destitué dans la journée suivant sa tentative.

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Le 20 Janvier dernier le conseil municipal avait pourtant demandé la suspension de Jesús Cruz Valencia, mais cette demande a été abandonnée à cause d’un manque de charges justifiées et motifs valides à son encontre.

De plus, cet ancien maire aurait été impliqué, selon de nombreuses sources locales, dans des affaires de crimes organisés. En effet, des messages de soutiens à Jesús Cruz Valencia sont affichés partout dans la ville, signés les « Caballeros Templarios ». Eux-mêmes qui avaient dû combattre les milices civiles d’autodéfenses durant la fin d’année 2013, jusque janvier 2014!

D’après le gouvernement, Jesús Cruz Valencia a récemment été transféré par les forces fédérales vers Morelia, la capitale de l’Etat du Michoacán.

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Il est donc la quatrième fonctionnaire de l’Etat du Michoacán, à être accusé pour des faits similaires, c’est-à-dire : crimes organisés, et délits contre la santé publique. Rien que cette semaine ce sont deux maires qui ont été arrêtés à cause de lien supposés avec le cartel des « Caballeros Templarios ».

En attendant son jugement, Jesús Cruz Valencia est actuellement retenu dans une prison du Nayarit, Etat au Nord du Michoacán, situé dans l’Ouest du Mexique.

 

(Le Suricate)

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Salvador : Passage essentiel de la drogue, trafic tentaculaire d’armes de guerre, et trêve entre cartels menacée…

Les autorités salvadoriennes s’inquiètent de plus en plus concernant le trafic d’armes sur son sol. En effet, les gangs (Barrio 18 et la Mara Salvatrucha MS 13) seraient en train de s’armer massivement. Les armes proviendraient d’une part d’un cartel mexicain appelé « Los Zetas » et d’autres parts du marché noir au Guatemala et au Honduras. Pour exemple, le ministre de la Justice et de la Sécurité Publique, Ricardo Perdomo, a annoncé qu’un individu aurait été arrêté en plein milieu de la capitale, San Salvador, après que celui-ci ait vendu 15 fusils M-16 (armes de guerre étasuniennes).

ministrojusticiayseguridadricardoperdomoSelon Ricardo Perdomo, Ce sont les cartels mexicains qui vendent massivement des armes aux gangs salvadoriens, afin d’assurer le passage de la drogue qui traverse le pays du sud jusqu’au nord. Les autorités salvadoriennes accusent les Maras et les autres gangs d’avoir reçu une importante quantité d’armes et un entrainement quasi-militaire.

(membres du Barrio 18, AFP photo José Cabezas)

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D’ailleurs, Ricardo Perdomo a signalé que 26 membres de gangs ont été récemment identifiés et arrêtés par le bureau de recrutement de l’Armée, alors que ceux-ci voulaient la rejoindre. Une fois arrêtés, les 26 membres auraient dévoilés qu’intégrer l’Armée faisait partie de la stratégie de leurs bandes, afin de voler des armes et des uniformes. Les sources policières indiquent que 61 attaques ou affrontements entre les autorités et les gangs ont eu lieu depuis janvier 2014.

(membres de la Mara Salvatrucha MS 13)

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En Mars 2012, les leaders de la Mara Salvatrucha MS13 et du Barrio 18 se sont mis d’accord sur une trêve. A cette époque, on pouvait compter 14 homicides par jours, aujourd’hui le chiffre est tombé à 5. Les gangs sont impliqués dans la majeure partie des homicides et des crimes commis dans le pays.

GUATEMALA GANGS

Il faut aussi rappeler que, pour endiguer la violence dans le pays, le Salvador peut compter sur le nouveau processus de pacification nationale impliquant une grande partie de la société civile, la Conférence Episcopale du Salvador, et du Programme des Nations-Unies pour le Développement (PNUD).

(Le Suricate)

Elections au Costa Rica, le pays qui n’a pas d’armée

Costa RicaPays situé au nord du Panama, le Costa Rica, peuplé d’environ 5 millions d’habitants n’est pas connu que pour ses plages touristiques et ses forêts luxuriantes, c’est aussi l’un des seuls pays au monde à ne pas avoir d’armée. En effet, depuis la dernière guerre civile qui s’est terminée en 1949, le Costa Rica ne possède plus d’armée. Exemple que suivra le Panama en 1994. La sécurité et l’ordre public sont assurés par 13.000 policiers à bas budget. Et même si l’aspect sécuritaire, et militaire semble faire défaut à ce petit pays d’Amérique centrale, le Costa Rica n’a pas, contrairement à nombre de ses voisins, connu de guerres civiles depuis 1949. Cependant, il a tout de même subi des agressions menaçant son intégrité territoriale. De 2010 à 2013, le Nicaragua a envahi l’île de Calero (petite île stratégique de 3km² se situant à l’embouchure du fleuve San Juan). L’affaire a été résolue par la Cour Internationale de Justice à la demande du Costa Rica. Concernant les moyens matériels du Costa Rica, il y avait, en 2010, 15 avions de police (5 donné par les Etats-Unis, et 10 confisqués aux narcotrafiquants) aucun avion de chasse, aucun radar. Pour lutter contre les trafics illégaux par voie maritime, le Costa Rica dispose d’une frégate et d’un équipage étasuniens qui aident énormément les policiers costaricains à contrôler la circulation des drogues. La drogue, cette menace nouvelle, invisible contrairement au Nicaragua, qui facilite le développement de gangs, cartels, et qui impulsent l’insécurité. D’ailleurs les saisies de drogues sont souvent peu fructueuses. Les problèmes dérivés des trafics, s’ajoutent au 8% de taux de chômage, et au 20% de la population vivant sous le seuil de pauvreté ( 187$/mois ), même si ce chiffre est en baisse depuis quelques années.

Le Costa Rica connait une croissance autour de 4%. Les points forts de son économie sont certains secteurs du « high tech », le tourisme, et l’agriculture. On peut aussi noter l’implantation de certaines firmes transnationales comme IBM, Intel, Coca-Cola, Amazon, Sony, Oracle, ou encore le fameux Wal-Mart. Les entreprises comme IBM, ou Intel permettent au Costa Rica d’exporter des produits informatiques, souvent ce sont des microprocesseurs. Le pays compte plus encore sur le secteur touristique. En effet, qui n’a jamais entendu parler des plages du Limón, de l’île de Tortuga, de l’île de Coco, etc… Avec plus de 2 millions de visiteurs par an, presque 15% des emplois sont directement ou indirectement liés à ce secteur. Il représente environ 8% du PIB costaricain. Le climat tropical du Costa Rica lui permet d’exploiter et d’exporter néanmoins certaines ressources. Le café, le cacao, la banane, l’ananas, et la canne à sucre sont des atouts majeurs pour ce pays.

Avec un IDH à 0.773 pour 2012, c’est le 3e pays le plus développé d’Amérique centrale derrière Panama (0.78) et le Mexique (0.775). Notons que dans les Caraïbes, Cuba est aussi à 0.78 (A titre d’illustration la France est à environ 0.893). L’espérance de vie au Costa Rica est similaire à celui de Cuba, de la Corée du Sud, ou encore du Portugal soit 77 ans en moyenne. L’absence d’armée a profité aux investissements dans l’Education et la Santé.

Concernant les libertés de la presse, le Costa Rica est, avec le Canada, le seul pays d’Amérique à être dans une « bonne situation » selon Reporters Sans Frontières.

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Le 06 Avril dernier, les élections présidentielles ont eu lieu. L’abstention a atteint 43%. Le vainqueur, Luis Guillermo Solís Rivera (Parti d’Action Citoyenne – Partido Acción Ciudadana), a obtenu environ 78% des voix exprimées, alors que son adversaire, Johnny Araya (Parti Libération Nationale – Partido Liberación Nacional), n’en a obtenu que 22%. Ce dernier était le maire de San José, la capitale, de 1998 à 2013. Il est membre du PNL, dont l’idéologie dominante est le socialisme. Le paradoxe dans cette élection, c’est que les deux candidats à la succession de Laura Chinchilla (ex-présidente du Costa Rica) sont tous deux socialistes. Luis Guillermo Solís est plus progressiste et contre le néo-libéralisme, contrairement à Johnny Araya. On a donc une opposition entre socialistes libéraux et socialistes protectionnistes.

Luis Guillermo Solis Rivera

Depuis ce 6 Avril 2014, le Tribunal Suprême Electoral a vérifié et officiellement annoncé la victoire de Luis Guillermo Solís. Mais qui est Luis Guillermo Solís Rivera? Père divorcé de six enfants à 56 ans, c’est un historien et un homme politique costaricain d’expérience, il a participé à certaines organisations non-gouvernementales, et a déjà été professeur. Il a travaillé pour le gouvernement d’Óscar Arias Sánchez (1986-1990), et pour celui de José María Figueres Olsen (1994-1998). Guillermo Solís a été militant du PNL pendant 28 ans avant de partir pour le PAC en 2008.

La victoire de Luis Guillermo Solís, s’est aussi déroulé dans une campagne étrange où son adversaire, Johnny Araya, a littéralement baissé les bras, en annonçant qu’il ne travaillerait pas plus durant la campagne, qu’il manquait d’argent et de soutien. Cependant, même si le parti de Luis Guillermo Solís Rivera (PAC) a gagné les présidentielles, il n’est toujours pas majoritaire à l’Assemblée Nationale du Costa Rica.

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Drôles d’élections

Le 9 Mars dernier se déroulait le deuxième tour des élections au Salvador, le plus petit pays d’Amérique centrale bordée par le Pacifique, et peuplé d’un peu moins de 6.5 millions d’habitants. Pour comprendre l’enjeu de ces élections, il est essentiel de se rappeler certains points économiques, politiques, et historiques concernant cette République.

Aussi bien connu pour son café, l’économie du Salvador repose principalement sur le textile, et le  secteur tertiaire, c’est-à-dire le secteur des communications et des services. Mais, le pays a de grosses difficultés à surmonter certains des points faibles de son économie. Il est totalement dépendant de ses importations, surtout concernant les ressources naturelles, et les énergies (Il importe énormément de carburant). Le Salvador ne possède ni éoliennes ni centrale solaire, mais les barrages ne représentent que 36% de la production totale du pays. Même si le Salvador est la troisième économie de l’Amérique centrale, derrière naturellement le Mexique et le Costa Rica, il est l’un des rares pays à ne pas retrouver de croissance soutenue et significative. Le taux de croissance de son Produit Intérieur Brut (Indicateur économique mesurant la somme totale des richesses produites dans un pays à un instant donné) est de 1,6% pour l’année 2013. De plus, le Salvador n’a pas sa propre monnaie, il a adopté le dollar américain en 2001, ce qui peut remettre en question une partie de sa souveraineté. Par ailleurs, le taux de criminalité n’aide pas non plus au développement et à la croissance du pays. En effet, Le Salvador est réputé pour être le pays le plus violent du monde. Selon les sources, le taux d’homicides est compris entre 50 à 75 homicides pour 100.000 habitants par an. En France il n’est même pas à 1 pour 100.000 habitants par an. Les violences liées aux mafias et autres gangs (Mara-Salvatrucha, pour ne citer que le plus connu) pourraient expliquer plus de la moitié de ces homicides.

Salvador

 

Lors de ces récentes élections, les salvadoriens devaient donc élire un nouveau président, en choisissant entre le candidat sortant, un ex-guérillero marxiste du FMLN (Frente Farabundo Martí para la Liberación Nacional – Font Farabundo Martí pour la Libération Nationale) un parti de gauche radicale, et l’ex maire de San Salvador, la capitale, et membre de l’ARENA (Alianza Republicana Nacionalista), un parti libéro-conservateur. Actuellement le FMLN compte 31 députés à l’Assemblée Législative et ARENA en compte 28 sur 84. Selon le TSE (Tribunal Supremo Electoral – Tribunal Suprême Electoral), Savador Sánchez  Cerén (FMLN) aurait été réélu avec 50,11% des voix exprimées (1.494.144 voix) contre 49,89% pour Norman Quijano (ARENA), soit 1.487.510 de bulletins. Sur un total d’environ 2.981.000 voix exprimées, l’écart séparant les deux candidats est donc d’environ 0,22 point de pourcent, soit un peu moins de 7.000 voix. Le TSE n’a toujours pas officiellement annoncé la réélection de Savador Sánchez  Cerén et l’opposition, représentée par Norman Quijano à d’ores et déjà réclamé l’annulation des élections.

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Cet événement intervient 22 ans après la fin de la guerre civile au Salvador (1979-1992). Guerre opposant justement le gouvernement salvadorien de l’époque (qui a créé les escadrons de la mort en 1979, et qui sera proche de l’ARENA dès sa fondation en 1981) aux membres du FMLN, alors groupe insurrectionnel. Bien sûr, cela ne vous aura pas échappé, ce conflit s’est déroulé en pleine Guerre Froide. Le gouvernement du Salvador et l’ARENA, étaient alors soutenus par les Etats-Unis, Israël, Taïwan entre autres, tandis que le FMLN et les autres groupes rebelles (à grande tendance socialiste) étaient soutenus par Cuba, le Mexique, le Nicaragua, et l’ex-URSS. Le conflit se solda par la mort de 80.000 personnes, en grande majorité des civiles, des centaines de milliers de déplacés, et de réfugiés dans les pays voisins. Le Salvador porte encore les stigmates de cette guerre récente. Aujourd’hui les protagonistes de la guerre civile (bien que Norman Quijano n’ait pas participé aux combats) se retrouvent sur un champ de bataille, mais cette fois ci un champ de bataille électoraliste. Et compte tenu des résultats très serrés, autant vous dire que la tension politique est à son comble.

Elections Salvador(Le Suricate)

« Junto Vamos a Lograr »

Cela fait déjà plusieurs mois que le Michoacán, état du sud-ouest mexicain, est plongé dans un conflit entre le cartel de Caballeros Templarios et les milices locales d’autodéfense composées de riverains excédés par l’insécurité engendrée par la mafia. Certains des combattants locaux sont même d’anciens membres de gang. Tous en avait assez de voir la population se faire racketter par la mafia. Les accrochages sont parfois nombreux, violents et mortels. Le conflit s’est transformé en une véritable guérilla où les élus locaux  appellent à l’aide.

Le président du Mexique, Enrique Peña Nieto, répond à cet appel en annonçant la mise en place d’un programme nommé « Juntos lo Vamos a Lograr ». Ce programme est composé de 5 axes (emploi, éducation, santé, sécurité, construction de routes et de barrages) représentant un investissement public de 3.000 millions de dollars US (soit 45.000 millions de pesos mexicains). Les autorités ont d’ores et déjà qualifié la lutte des milices locales de « usage légitime de la force publique », propos tenu par Miguel Osorio Chong. Malgré ce programme, et s’il aboutit, le tissu social sera long à rétablir.
En attendant, les milices d’autodéfense sont sur places et font face au cartel. Ces groupes d’autodéfense ont été régularisés par le gouvernement fédéral, et certains des miliciens sont rémunérés à hauteur de 11 euros par jour, en particulier ceux occupant des postes dangereux ou stratégiques. Ces groupes d’autodéfenses ont été incorporé au corps des Guardias Rurales, dirigé par le ministère de la Défense. Des milliers des soldats et de policiers sont déjà en service sur les routes du Michoacán, et officiellement, le Mexique a arrêté 7.000 personnes en relation avec les trafics de drogue, mais malgré cela, les cartels survivent encore, l’insécurité est toujours aussi grande et la peur persiste.

(Le Suricate)