Le Paraguay rend les terres du Chaco aux Sawhoyamaxa, propriétaires ancestraux de la région

Après les approbations du Sénat et de la Chambre des députés, il ne reste plus que l’accord (ou le véto) du président Horacio Cartes Jara pour que les terres de la région du Chaco, dans le nord du Paraguay, soit enfin restituer à leurs propriétaires légitimes.

Actuellement, les propriétaires officiels de ces terres sont deux entreprises (Kansol et Roswell Company) dont l’une est controversée. Selon le site Paraguay.com, dans les années 1980, elle a été condamnée pour avoir arnaqué des investisseurs allemands avec un schéma de vente de terrain frauduleux.

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« Le Paraguay est le seul pays sous la juridiction de la CIDH (Cour Interaméricaine du Droit Humain – Corte Interamericana de Derechos Humanos) qui a été condamné à trois reprises pour violation des droits des peuples autochtones », d’après Eduardo Arce, journaliste spécialiste du domaine amérindien. A ce sujet, il faut aussi préciser que le Canada, les Etats-Unis, le Belize, Cuba, le Venezuela, Trinidad-et-Tobago, et la Guyana ne sont pas membres de cette institution. Par ailleurs, le Pérou a récemment beaucoup critiqué la CIDH. De toute évidence, il y aurait un problème d’intégrité dans la politisation de cette institution…

Aujourd’hui, le Paraguay est sur le point de restituer les terres indigènes aux autochtones en expropriant deux entreprises. Ce serait une première. A noter que, politiquement, le Paraguay est dirigé par la coalition ANR-PC (Allianza Nacional Republicana-Partido Colorado – Alliance Nationale Républicaine-Parti Colorado), coalition de droite libérale malgré le rouge comme couleur dominante.

Le président paraguayen, Horacio Cartes Jara

Le président paraguayen, Horacio Cartes Jara

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Elections au Costa Rica, le pays qui n’a pas d’armée

Costa RicaPays situé au nord du Panama, le Costa Rica, peuplé d’environ 5 millions d’habitants n’est pas connu que pour ses plages touristiques et ses forêts luxuriantes, c’est aussi l’un des seuls pays au monde à ne pas avoir d’armée. En effet, depuis la dernière guerre civile qui s’est terminée en 1949, le Costa Rica ne possède plus d’armée. Exemple que suivra le Panama en 1994. La sécurité et l’ordre public sont assurés par 13.000 policiers à bas budget. Et même si l’aspect sécuritaire, et militaire semble faire défaut à ce petit pays d’Amérique centrale, le Costa Rica n’a pas, contrairement à nombre de ses voisins, connu de guerres civiles depuis 1949. Cependant, il a tout de même subi des agressions menaçant son intégrité territoriale. De 2010 à 2013, le Nicaragua a envahi l’île de Calero (petite île stratégique de 3km² se situant à l’embouchure du fleuve San Juan). L’affaire a été résolue par la Cour Internationale de Justice à la demande du Costa Rica. Concernant les moyens matériels du Costa Rica, il y avait, en 2010, 15 avions de police (5 donné par les Etats-Unis, et 10 confisqués aux narcotrafiquants) aucun avion de chasse, aucun radar. Pour lutter contre les trafics illégaux par voie maritime, le Costa Rica dispose d’une frégate et d’un équipage étasuniens qui aident énormément les policiers costaricains à contrôler la circulation des drogues. La drogue, cette menace nouvelle, invisible contrairement au Nicaragua, qui facilite le développement de gangs, cartels, et qui impulsent l’insécurité. D’ailleurs les saisies de drogues sont souvent peu fructueuses. Les problèmes dérivés des trafics, s’ajoutent au 8% de taux de chômage, et au 20% de la population vivant sous le seuil de pauvreté ( 187$/mois ), même si ce chiffre est en baisse depuis quelques années.

Le Costa Rica connait une croissance autour de 4%. Les points forts de son économie sont certains secteurs du « high tech », le tourisme, et l’agriculture. On peut aussi noter l’implantation de certaines firmes transnationales comme IBM, Intel, Coca-Cola, Amazon, Sony, Oracle, ou encore le fameux Wal-Mart. Les entreprises comme IBM, ou Intel permettent au Costa Rica d’exporter des produits informatiques, souvent ce sont des microprocesseurs. Le pays compte plus encore sur le secteur touristique. En effet, qui n’a jamais entendu parler des plages du Limón, de l’île de Tortuga, de l’île de Coco, etc… Avec plus de 2 millions de visiteurs par an, presque 15% des emplois sont directement ou indirectement liés à ce secteur. Il représente environ 8% du PIB costaricain. Le climat tropical du Costa Rica lui permet d’exploiter et d’exporter néanmoins certaines ressources. Le café, le cacao, la banane, l’ananas, et la canne à sucre sont des atouts majeurs pour ce pays.

Avec un IDH à 0.773 pour 2012, c’est le 3e pays le plus développé d’Amérique centrale derrière Panama (0.78) et le Mexique (0.775). Notons que dans les Caraïbes, Cuba est aussi à 0.78 (A titre d’illustration la France est à environ 0.893). L’espérance de vie au Costa Rica est similaire à celui de Cuba, de la Corée du Sud, ou encore du Portugal soit 77 ans en moyenne. L’absence d’armée a profité aux investissements dans l’Education et la Santé.

Concernant les libertés de la presse, le Costa Rica est, avec le Canada, le seul pays d’Amérique à être dans une « bonne situation » selon Reporters Sans Frontières.

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Le 06 Avril dernier, les élections présidentielles ont eu lieu. L’abstention a atteint 43%. Le vainqueur, Luis Guillermo Solís Rivera (Parti d’Action Citoyenne – Partido Acción Ciudadana), a obtenu environ 78% des voix exprimées, alors que son adversaire, Johnny Araya (Parti Libération Nationale – Partido Liberación Nacional), n’en a obtenu que 22%. Ce dernier était le maire de San José, la capitale, de 1998 à 2013. Il est membre du PNL, dont l’idéologie dominante est le socialisme. Le paradoxe dans cette élection, c’est que les deux candidats à la succession de Laura Chinchilla (ex-présidente du Costa Rica) sont tous deux socialistes. Luis Guillermo Solís est plus progressiste et contre le néo-libéralisme, contrairement à Johnny Araya. On a donc une opposition entre socialistes libéraux et socialistes protectionnistes.

Luis Guillermo Solis Rivera

Depuis ce 6 Avril 2014, le Tribunal Suprême Electoral a vérifié et officiellement annoncé la victoire de Luis Guillermo Solís. Mais qui est Luis Guillermo Solís Rivera? Père divorcé de six enfants à 56 ans, c’est un historien et un homme politique costaricain d’expérience, il a participé à certaines organisations non-gouvernementales, et a déjà été professeur. Il a travaillé pour le gouvernement d’Óscar Arias Sánchez (1986-1990), et pour celui de José María Figueres Olsen (1994-1998). Guillermo Solís a été militant du PNL pendant 28 ans avant de partir pour le PAC en 2008.

La victoire de Luis Guillermo Solís, s’est aussi déroulé dans une campagne étrange où son adversaire, Johnny Araya, a littéralement baissé les bras, en annonçant qu’il ne travaillerait pas plus durant la campagne, qu’il manquait d’argent et de soutien. Cependant, même si le parti de Luis Guillermo Solís Rivera (PAC) a gagné les présidentielles, il n’est toujours pas majoritaire à l’Assemblée Nationale du Costa Rica.

députés costa rica(Le Suricate)

Un milliardaire sans aucune expérience politique devenu le nouveau président slovaque.

Samedi 29 mars, la République slovaque a élu le nouveau président. Son nom est Andrej Kiska et il a été élu comme le quatrième président au suffrage universel. Le président sortant, Ivan Gašparovič, ne pouvait plus se représenter à l’élection car il achève son deuxième mandat et la Constitution slovaque ne permet que deux mandats de cinq ans. Ivan Gašparovič va donc céder son fauteuil à Andrej Kiska le 15 juin 2014 où le nouveau chef de l’État prêtera serment.

L’élection présidentielle s’est déroulée, comme d’habitude, en deux tours. Pour qu’il y en ait seulement un, il aurait fallu qu’un des candidats reçoive plus de 50% des voix ce qui est plutôt rare, voire quasiment impossible, même dans des conditions normales et encore plus dans les conditions météorologiques qui ont frappé la Slovaquie le jour du premier tour. Les habitants devaient affronter un temps horrible. La pluie battante, la tempête et dans certaines zones également la tempête de neige. Il n’est pas donc étonnant que beaucoup de gens ont finalement décidé de rester chez eux au lieu d’aller voter. Par conséquent, la participation dans le premier tout était très faible, 43%. Dans le second, c’était déjà mieux, 50,5%.

Au départ, il y avait 14 candidats dont une seule femme: Gyula Bárdos, Jozef Behýl, Ján Čarnogurský, Robert Fico, Viliam Fischer, Pavol Hrušovský, Ján Jurišta, Andrej Kiska, Milan Kňažko, Stanislav Martinčko, Milan Melník, Helena Mezenská, Radoslav Procházka et Jozef Šimko. A savoir que 8 d’entre eux étaient sans parti, y compris le vainqueur Andrej Kiska. Ce dernier a reçu 24% des voix dans le premier tour qui a eu lieu le 15 mars. Un peu plus avait Robert Fico, le premier ministre contemporain qui a recueilli 28%.

Ces deux-là ont donc passé dans le second tour de l’élection qui s’est tenu exactement deux semaines plus tard. Pendant ce temps, les deux vainqueurs du premier tour ont fait leur campagne, chacun d’une façon différente. Le premier ministre Robert Fico était clairement plus agressif et anguleux. Sa campagne était menée plus dans le sens de dénigrer et diffamer Andrej Kiska devant les électeurs en pointant son « inexpérience », ses supposés « liens avec l’Eglise de scientologie » et son passé d’«usurier ». Quant à la dernière diffamation, Kiska a dit qu’il allait porter plainte contre Fico pour avoir dit une telle mensonge.

Néanmoins, en général, Kiska se tenait bien et il continuait tranquillement sa campagne sans s’être dégradé au niveau du chef du gouvernement. Il se trouve que c’est, entre outre, cela qui l’a aidé à attirer les électeurs. En fin de comptes, il a reçu 59,4% des voix dans le deuxième tour contrairement à Fico avec seulement 40,6% des voix. Un résultat qui n’a pas vraiment surpris les politologues. En fait, pour être clair, ce n’est pas la victoire d’Andrej Kiska qui les aurait surpris. C’est la perte humiliante et écrasante de Robert Fico. Autrement dit, le vif du sujet, est-ce la victoire de Kiska ou l‘échec épouvantable de Fico? Les spécialistes sont d’accord que c’est le deuxième qui a bouleversé la Slovaquie. Pour comprendre pourquoi, voici la présentation des deux « politiciens ».

Andrej Kiska est un milliardaire et philanthrope d’une cinquantaine d‘années. C’est ce qui le décrit le mieux. Auparavant, il était homme d’affaires couronné de succès. D’ailleurs, c’est ainsi qu’il a fait sa fortune. Après ses études à Bratislava, il est parti aux USA où il est resté un an et demi avant de revenir dans son pays. Il dit que c’était aux États-Unis où il a découvert en soi l’énorme envie d’entreprendre et le courage de se jeter à des affaires risquées. Il a profité de ses expériences et a fondé, après son retour en Slovaquie dans les années 1990, deux sociétés de crédit à la consommation qui offraient des prêts à 20% d’intérêts. En 2005, il les a vendues à un grand groupe bancaire et a mis un terme, après 15 ans, à sa carrière d’entrepreneur.

Devenu multimillionaire, il a crée une fondation, « Le bon ange », qui soutient financièrement les familles pauvres dont les enfants sont atteints de cancers ou autres maladie graves. L’année dernière, il a cédé la direction de la fondation à son épouse, afin de se concentrer entièrement à sa campagne. A souligner, ses entreprises étaient très connues parmi les slovaques, ainsi que « Le bon ange ».

Mais c’était plus ses oeuvres que le créateur lui-même. Andrej Kiska était une personne inconnue encore il y a un an où il a démarré sa campagne présidentielle. Et encore avant le premier tour de l’élection, il n’y avait pas mal de gens qui criaient « Qui êtes-vous, monsieur Kiska?». Le fait de ne pas être connu et surtout de ne pas avoir absolument aucune histoire politique étaient pour lui comme une arme à double tranchant.

Certains le supportaient en disant qu’ils voulaient en tête d’État un homme ordinaire qui comprend et connait les problèmes des gens ordinaires et qui, déjà, les aide réellement. Quelqu’un qui ne court pas juste après l’argent et le pouvoir, qui n’a jamais été corrompu (et ne peut pas l’être vu sa fortune) et qui n’a jamais été membre du Parti communiste sous l’ère soviétique, contrairement à son adversaire malheureux mais aussi à tous les présidents précédents.

D’autres étaient suspicieux envers sa fortune. Comme d’habitude, les gens pensent que chaque personne qui détient une grande richesse, est un fraudeur car il est impossible de gagner autant d’argent légalement.

Et certains hurlaient que ce n’était juste pas possible que quelqu’un qui émerge de nulle part entame sa carrière politique en devenant président. En plus, on pouvait voir que Kiska n’était pas dans son assiette pendant les débats politiques télévisés. Il était mi-figue mi-raisin. Un vrai amateur et piètre orateur contrairement à Fico qui était comme une poisson dans l’eau. Or, il faut avouer que Kiska avait tiré une leçon tout au début et il devenait plus fort à chaque nouveau débat. Finalement, il était égal à Fico sur lequel on pouvait même voir des marques de fatigue à la fin de la campagne.

Fico, 49 ans, est, comme nous avons déjà mentionné, le chef du gouvernement en exercice. Il est aussi le président du parti SMER-SD (littéralement : DIRECTION-Social-démocratie) dont il est fondateur et qui a, à présent, un contrôle total de la présidence, du Parlement (83 sièges sur 150 depuis 2012) et du gouvernement, une situation inédite depuis l’indépendance de la Slovaquie en 1993. Fico, chef du gouvernement de 2006 à 2010 et depuis 2012, est un homme politique bien aimé par son parti, aussi bien que par les slovaques.

Pendant ses années en politique, il s’est crée un culte de la personnalité, il s’est fait invincible, intouchable. Tout ce qu’il a pris en main a connu le succès. C’est pourquoi son parti a obtenu 45% aux législatives du printemps 2012 et a conquis la majorité absolue au parlement. Robert Fico comptait sur ses électeurs de 2012 et se croyait président depuis le début. C’est pour cela que déjà le premier tour a été une défaite pour lui. Il a recueilli seulement 28% des voix bien que les politologues lui devinaient 40%.

Il a donc très vite compris que sa victoire n’était pas sûre du tout. Il est devenu nerveux et un peu perdu, sa solution était l’anti-campagne diffamante contre son adversaire. Or, cela ne l’a pas sauvé, malgré le support public des trois présidents antécédents. Ce n’était rien contre le support exprimé à Kiska par tous les autres partis de l’opposition et tous les autres candidats présidentiels battus au premier tour.

Après presque vingt années passées en politique, alors que son parti SMER-SD détient les rênes d’à peu près tous les pouvoirs, jouissant d’une popularité à faire pâlir ses prédécesseurs, Robert Fico fait face à un échec mortel après lequel il ne sera plus jamais le même. Se montrant vincible, il a perdu l’éclat de sa personnalité. Il se peut qu’après son mandat du premier ministre fini, il quitte le champs politique pour de bon. Au moins, c’est ce qu’il a fait entendre pendant sa campagne en cas de perte. Certains disent qu’il devrait même démissionner immédiatement. Il n’est pas sûr, qu’on connaisse un jour la vraie raison de la défaite historique de ce personnage adoré, de toute façon, le chef de sa campagne présidentielle l’explique ainsi: « Les électeurs aiment son leader et ils veulent qu’il reste sur sa position du premier ministre d’où il peut réellement influencer le déroulement des choses.» Mais qui sait si ce n’est pas juste une excuse, un pansement pour que le coup (de grâce?) fasse moins mal. Peut-être que les électeurs ne voulaient pas simplement que Fico ait le monopole du pouvoir concentré dans ses mains et celles de son parti. Peut-être ils voulaient essayer quelque chose de nouveau. Un altruiste, un bon ange…

(Nous remercions Dominika pour cet article.)

Drôles d’élections

Le 9 Mars dernier se déroulait le deuxième tour des élections au Salvador, le plus petit pays d’Amérique centrale bordée par le Pacifique, et peuplé d’un peu moins de 6.5 millions d’habitants. Pour comprendre l’enjeu de ces élections, il est essentiel de se rappeler certains points économiques, politiques, et historiques concernant cette République.

Aussi bien connu pour son café, l’économie du Salvador repose principalement sur le textile, et le  secteur tertiaire, c’est-à-dire le secteur des communications et des services. Mais, le pays a de grosses difficultés à surmonter certains des points faibles de son économie. Il est totalement dépendant de ses importations, surtout concernant les ressources naturelles, et les énergies (Il importe énormément de carburant). Le Salvador ne possède ni éoliennes ni centrale solaire, mais les barrages ne représentent que 36% de la production totale du pays. Même si le Salvador est la troisième économie de l’Amérique centrale, derrière naturellement le Mexique et le Costa Rica, il est l’un des rares pays à ne pas retrouver de croissance soutenue et significative. Le taux de croissance de son Produit Intérieur Brut (Indicateur économique mesurant la somme totale des richesses produites dans un pays à un instant donné) est de 1,6% pour l’année 2013. De plus, le Salvador n’a pas sa propre monnaie, il a adopté le dollar américain en 2001, ce qui peut remettre en question une partie de sa souveraineté. Par ailleurs, le taux de criminalité n’aide pas non plus au développement et à la croissance du pays. En effet, Le Salvador est réputé pour être le pays le plus violent du monde. Selon les sources, le taux d’homicides est compris entre 50 à 75 homicides pour 100.000 habitants par an. En France il n’est même pas à 1 pour 100.000 habitants par an. Les violences liées aux mafias et autres gangs (Mara-Salvatrucha, pour ne citer que le plus connu) pourraient expliquer plus de la moitié de ces homicides.

Salvador

 

Lors de ces récentes élections, les salvadoriens devaient donc élire un nouveau président, en choisissant entre le candidat sortant, un ex-guérillero marxiste du FMLN (Frente Farabundo Martí para la Liberación Nacional – Font Farabundo Martí pour la Libération Nationale) un parti de gauche radicale, et l’ex maire de San Salvador, la capitale, et membre de l’ARENA (Alianza Republicana Nacionalista), un parti libéro-conservateur. Actuellement le FMLN compte 31 députés à l’Assemblée Législative et ARENA en compte 28 sur 84. Selon le TSE (Tribunal Supremo Electoral – Tribunal Suprême Electoral), Savador Sánchez  Cerén (FMLN) aurait été réélu avec 50,11% des voix exprimées (1.494.144 voix) contre 49,89% pour Norman Quijano (ARENA), soit 1.487.510 de bulletins. Sur un total d’environ 2.981.000 voix exprimées, l’écart séparant les deux candidats est donc d’environ 0,22 point de pourcent, soit un peu moins de 7.000 voix. Le TSE n’a toujours pas officiellement annoncé la réélection de Savador Sánchez  Cerén et l’opposition, représentée par Norman Quijano à d’ores et déjà réclamé l’annulation des élections.

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Cet événement intervient 22 ans après la fin de la guerre civile au Salvador (1979-1992). Guerre opposant justement le gouvernement salvadorien de l’époque (qui a créé les escadrons de la mort en 1979, et qui sera proche de l’ARENA dès sa fondation en 1981) aux membres du FMLN, alors groupe insurrectionnel. Bien sûr, cela ne vous aura pas échappé, ce conflit s’est déroulé en pleine Guerre Froide. Le gouvernement du Salvador et l’ARENA, étaient alors soutenus par les Etats-Unis, Israël, Taïwan entre autres, tandis que le FMLN et les autres groupes rebelles (à grande tendance socialiste) étaient soutenus par Cuba, le Mexique, le Nicaragua, et l’ex-URSS. Le conflit se solda par la mort de 80.000 personnes, en grande majorité des civiles, des centaines de milliers de déplacés, et de réfugiés dans les pays voisins. Le Salvador porte encore les stigmates de cette guerre récente. Aujourd’hui les protagonistes de la guerre civile (bien que Norman Quijano n’ait pas participé aux combats) se retrouvent sur un champ de bataille, mais cette fois ci un champ de bataille électoraliste. Et compte tenu des résultats très serrés, autant vous dire que la tension politique est à son comble.

Elections Salvador(Le Suricate)

Ukraine, manipulation médiatique, et expansionnisme militaire russe dans le Monde

Le 26 Février dernier, le ministre de la défense russe, Serguei Shoigou (Сергей Шойгу), a annoncé que la Russie pensait à étendre sa présence militaire dans le monde. La liste des pays concernés par l’expansion de la présence militaire russe inclue Cuba, le Venezuela, le Nicaragua, mais aussi le Vietnam, Singapour, et les Îles Seychelles. Les événements actuels en Ukraine ont-ils accéléré le processus ?

 

Selon Olga Oliker, directeur associé du Centre des Politiques de Défense et de Sécurité International  à la Rand Corporation basée à Santa Monica, en Californie, « Il paraît intéressant qu’entre les pays mentionné se trouvent des pays d’Amérique Latine, d’Asie, et du Moyen-Orient. C’est vraiment un rôle global pour la Russie, nous savons déjà ce qu’elle veut et ce n’est pas surprenant. Mais ça le confirme. »

Pour Olga Oliker, cette volonté de s’installer militairement dans le monde a une importance capitale dans la stratégie géopolitique russe. Elle ajoute que la Russie a annoncé cela « à cause de ce qui est en train de se passer en Ukraine. » même si, toujours selon elle, la Russie l’aurait annoncé tôt ou tard, car « cela fait partie de l’idée générale de la Russie de réclamer sa place dans le Monde. »

D’autres sont plus radicaux, et s’expriment clairement : « Tout à avoir avec l’Ukraine », ou encore « La Russie et Vladimir Poutine (Владимир Путин) sont en train d’agir dans une mentalité de Guerre Froide ». C’est ce qu’a dit l’analyste Moisés Naím, du département de l’économie internationale à la Fondation Carnegie pour la Paix Internationale (Carnegie Endowment for Internacional Peace) lors d’un entretien avec BBC Mundo. Il ajoute : « Dans le cas de l’Ukraine, qui était sur le point de signer un accord d’association avec l’Europe, Poutine est intervenu de manière agressive pour empêcher que le président Viktor Ianoukovytch (Виктор Янукович) signe cet accord. »

Après les protestations contre la décision du président ukrainien de favoriser un accord de coopération avec la Russie plutôt qu’avec l’Union Européenne, des violents affrontements ont eu lieu entre les forces de l’ordre et les manifestants qui ont débouché sur la destitution du président ukrainien, par le parlement.

Aujourd’hui, à l’heure où les troupes russes s’amassent en Crimée, région russophone et dominée par la communauté russe, nos médias parlent aujourd’hui de « guerre médiatique » déclenchée par Vladimir Poutine (Владимир Путин), mais ne l’avons-nous même, pas commencé en occident ?

 

En effet, beaucoup d’analystes ont d’ores et déjà qualifié les protestations « d’échecs » au plan d’expansion russe.

Selon Moises Naím, « L’homme considéré comme le plus puissant du monde a vu comment, par la pression de la rue, le pays a échappé au contrôle d’un dirigeant. D’où l’idée d’établir des bases militaires dans d’autres pays ».

Pour Naím, la Russie ne chercherait qu’à « réaffirmer le grand projet de Vladimir Poutine (Владимир Путин), et de faire de la Russie un grand acteur mondial, et d’être le restaurateur de la grandeur et de la réputation russe […] Le vrai défi de la Russie a été de réellement découvrir ce qu’elle veut. Oui, elle a un rôle actuel en Syrie, mais il est beaucoup moins clair en Asie, et en Amérique Latine ».

Mr. Naím craindrait donc, dans un relent de Guerre Froide, une expansion militaire russe dans le monde, du fait des actuelles positions militaires des Etats-Unis et de ses alliés, peut-être par peur de déranger l’ordre politique mondial établi.

 

L’annonce de Serguei Shoigou (Сергей Шойгу), porte sur l’installation de bases au Venezuela, à Cuba, et au Nicaragua.

En 2008, pendant une visite à Moscou, l’ex-président du Venezuela, Hugo Chavez, a manifesté son soutien à la présence militaire russe sur le territoire vénézuélien : « Si les forces armées russes veulent être au Venezuela, elles seront reçues chaleureusement ». Pour Chavez, décédé il y un an, la Russie a « le potentiel militaire pour garantir sa présence dans le monde ».

Le ministre a indiqué que les conversations portaient sur l’utilisation de ports à la marine russe, et d’aéroports pour le ravitaillement des avions bombardier en mission de patrouille.

Serguei Shoigou (Сергей Шойгу) assure que les gouvernements des pays concernés « sont sur le point d’atteindre des résultats ». Comprenez par-là que les troupes russes pourront alors stationner de façon permanente à Cuba, au Venezuela, au Nicaragua, aux Seychelles, à Singapour, et au Vietnam comme ils le font déjà en Biélorussie, au Kazakhstan, ou en Ukraine, dans la fameuse république autonome de Crimée. Après tout, l’Union Européenne et les Etats-Unis ont aussi des installations militaires permanentes dans le Monde (Cf. Djibouti, par exemple).

 

En 2009, soit un an après les propos de Chavez à Moscou, Álvaro Uribe Vélez, l’ex-président colombien et ennemi de Chavez, avait annoncé un accord avec  les Etats-Unis autorisant les unités étasuniennes à utiliser les bases militaires colombiennes. Cet événement a suscité une grande controverse dans la région. En effet, la Colombie est un pays voisin du Venezuela, et ces deux pays d’Amérique du Sud, opposés politiquement, sont respectivement supportés par les Etats-Unis et la Russie. D’ailleurs, cet accord a été annulé un an plus tard après une décision judiciaire colombienne.

Les grandes puissances militaires (autant les Etats-Unis que la Russie) ont donc le pouvoir de déstabiliser des régions du monde par leur politique militaire expansionniste, en s’appuyant sur des jeux de rivalités (Cf. ci-dessus : Colombie – Venezuela), même si la Russie joue actuellement le rôle de digue, en protégeant simplement les communautés russes hors de Russie, notamment en Ukraine, ou en essayant d’éviter une propagation (ou importation) des conflits actuels, qu’ils soient ukrainiens ou syriens.
La Russie marque donc des points, contrairement aux Etats-Unis et leurs fidèles alliés, censés défendre la paix et la démocratie, qui ne passent que pour des agitateurs opportunistes notamment concernant la guerre en  Syrien, et rappelons-nous de la récente guerre en Lybie…

Les occidentaux ne supportent les idées de « révolutions » que lorsqu’il y a un intérêt à prendre parti pour les révoltés ! Et compte tenu des moyens médiatiques déployés en Ukraine par la Presse occidentale afin de moraliser les événements de façon très manichéenne, on ne peut que se demander s’il n’y a pas eu d’autres moyens mis à la disposition de cette révolution qui secoue l’Ukraine en ce moment. On peut alors comprendre la réaction russe de vouloir plus s’implanter militairement à l’étranger, à commencer par l’Ukraine, dans le but de protéger ses alliés. Ainsi, cette réaction permettrait à la Russie de contenir les revendications nationalistes, souhaitant très souvent s’éloigner de celle-ci et de la Communauté des Etats Indépendants (CEI – Содружество Независимых Государств) pour se rapprocher de l’Union Européenne.

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(Le Suricate)

Cuba : Vers la fin de l’embargo ?

Après les nouvelles politiques économiques adoptées par La Havane, les sommets de la CELAC (Comunidad de Estados Latinoamericanos y Caribeños – Communauté des États Latino-américains y Caribéens) + UE, fin janvier dernier,  laissent entendre une possible fin de l’embargo qui oppresse Cuba depuis la crise des missiles de 1962, en pleine Guerre Froide. En effet, depuis décembre dernier Cuba a soigné considérablement ses relations avec son géant voisin, les États-Unis. Sur le plan diplomatique, L’Union Européenne a d’ores et déjà annoncé son intention de négocier avec Cuba, et  La Havane s’est dite prête à entretenir le dialogue avec Washington, avec pour objectif, une amélioration des relations économiques entre les deux pays. Sur ce plan il sera désormais possible pour un cubain d’importer un véhicule depuis les États-Unis, par exemple. De plus, Cuba gèlera les fonds bancaires liés à Al-Qaeda (Le Qatar, entre autres,  est ici clairement visé). Il est aussi nécessaire de s’intéresser aux points de vue des exilés cubains à Miami, bastion de l’opposition aux Castro et au pouvoir, où les ressortissants semblent être de moins en moins favorables à l’embargo.

Les causes de l’embargo seraient une réplique de Washington quant aux non-respects des Droits de l’Homme sur l’île. (On aurait également pu accuser les États-Unis de ne pas toujours las avoir respecté non plus, mais… est ce que Washington a déjà été puni pour ce motif ?) L’embargo a naturellement suivi les tendances de la Guerre Froide, s’endurcissant en période de crise, avec le bloc soviétique (Cuba en fera évidemment partie à l’issue de la révolution de 1953-1959, durant laquelle ce sont opposés les frères Castro, et Ernesto « Che » Guevara contre le Fulgencio Batista), et s’assouplissant durant les périodes dites de « détentes ». Depuis 2009, il est plus facile pour un résident des Etats-Unis de se rendre à Cuba (qui est un pays touristique), et même chose pour un citoyen d’origine cubaine : il peut désormais se rendre à Cuba une fois par an, et envoyer de l’argent (360 € à condition que cet argent ne soit pas destiné à une personne en relation avec le parti communiste ou l’armée). On estime à 600.000 le nombre de citoyen états-uniens rejoignant leur pays d’origine par an, et 3 milliards de dollars envoyés à Cuba (en 2013).

Petit Rappel Géo politique, durant la Guerre Froide, le Mexique, le Canada, la France, et l’Espagne (alors franquiste) n’ont pas soutenu l’embargo impérialiste contre l’île de Cuba. Aujourd’hui, Raúl Castro compte sur l’appui des autres leaders d’Amérique du Sud, et notamment sur Dilma Roussef, actuellement présidente du Brésil.

Dans cette affaire, même si de nombreux éléments indiquent une amélioration des relations entre les États-Unis et leurs alliés, et Cuba, certains restent en désaccord à l’idée d’une levée de l’embargo. La Fondation Nationale Cubano-Américaine (FNCA – Fundación Nacional Cubano Americana) par exemple. En effet, son directeur, Omar  López, affirme que ce n’est pas parce que Cuba est sujette à un embargo qu’elle est forcément plongée dans la faim et la misère, et que « l’opinion publique n’a, en général aucune connaissances des politiques des États-Unis à Cuba ». En effet, Washington est, entre autres, le premier fournisseur de produits alimentaires à Cuba. Il ajoute : « Nous soutenons le maintien de l’embargo, tant qu’il n’y aura aucun changement concernant les Droits de l’Homme ». Pour Omar López, l’embargo américain est « un outil soutenant la société civile » cubaine.  Un député de Floride, nommé Mario Díaz Balart (Républicain), soutient lui aussi le maintien de l’embargo, car s’il venait à disparaître, les États-Unis enrichirait alors une « dictature brutale soutenant les ennemis des États-Unis ». A noter que durant l’année 2011, le Pentagone aurait investi presque 2 milliard de dollars. Et si l’embargo n’existe plus, les recettes cubaines seraient certainement augmentées du fait d’une circulation facilitée des ressortissants cubains et des touristes entre les États-Unis et Cuba. Pour Díaz Balart, l’embargo est « une sanction du peuple étatsunien qui affirme sa solidarité avec le peuple cubain qui lutte pour sa liberté et contre l’oppresseur ». Selon lui, les pays occidentaux ignorent les aspirations démocratiques du peuple cubain.

En somme, il faut aussi se rappeler que les produits cubains (et tout particulièrement le sucre) souffrent énormément de la concurrence des produits étatsuniens en Amérique du nord, c’est évidemment le but de l’embargo, soutenu par les députés républicains, entre autres. Si l’on écoute et lit les politiciens comme Mario Díaz Balart, les Etats-Unis passeront une fois de plus pour des profiteurs hypocrites. En effet, ce n’était pas au nom de la sacro-sainte démocratie que la CIA a, par exemple,  installé Augusto Pinochet au Chili après que Salvador Allende ait nationalisé les mines, notamment  de cuivre, ce qui aurait été un coup dur pour les intérêts étatsuniens. Quant à Cuba, si l’embargo est bel et bien levé, il lui faudra du temps avant d’ouvrir son économie sur l’extérieur.

Ainsi, il est essentiel de lever les sanctions absurdes à l’égard de Cuba, et de laisser l’île choisir son propre mode de développement politico-économique. Castro a récemment affirmé vouloir engager le dialogue avec les États-Unis « dans le respect des différences ». Comprenez qu’ici le régime cubain insiste sur la volonté de prolonger l’expérience socialiste en respectant l’expérience idéologique de leur grand voisin et réciproquement. En effet, Cuba n’est pas assez fort économiquement pour abandonner le protectionnisme et se confronter à la concurrence mondiale, ou à celle d’une communauté économique de libre-échange. Washington se doit de ne pas entraver le développement économique de Cuba, ni en préservant l’embargo, ni en le cessant dans l’unique but de confronter l’île à la concurrence économique. De toute façon, l’embargo n’étouffe pas le régime castriste, mais fais plus de mal à la population, et la concurrence ne provoquerait qu’une baisse des prix, une réelle asphyxie de l’économie cubaine, un niveau de vie médiocre voire misérable pour une grande partie de la population (Le taux d’alphabétisation à Cuba est de 100%, l’Indicateur de Développement Humain est de 0.78, la France est à 0.89. Attention cet indicateur est relatif selon la période étudiée !), et l’île peinerait grandement à se développer. Elle deviendrait alors totalement dépendante des Etats-Unis…

CELAC

(Le Suricate)