Manifestations pour libérer les prisonniers politiques papous en indonésie

 

Une centaine de personnes ont manifesté aujourd’hui à Londres devant l’ambassade d’Indonésie pour demander la libération immédiate et inconditionnelle de tous les prisonniers politiques papous.

76 manifestants étaient menottés et bâillonnés pour représenter les 76 prisonniers politiques actuellement détenus dans les prisons indonésiennes.

La manifestation était organisée par TapolSurvival InternationalAmnesty International et Free West Papua Campaign (Comité Pour la Papouasie Occidentale Libre).

Selon les données du site internet Papuan Behind Bars (‘Papous derrière les barreaux’), le nombre d’arrestations politiques a plus que doublé en 2013 par rapport à l’année précédente, et des rapports révèlent que la torture et les mauvais traitements à l’encontre des détenus politiques ont augmenté. Les tribus de Papouasie occidentale continuent d’être arrêtées pour des activités pacifiques et sont souvent accusées de trahison ou d’incitation à la révolte, ce qui peut leur valoir de longues peines de prison.

Une manifestation de solidarité avec les prisonniers politiques qui a eu lieu aujourd’hui en Papouasie a été dispersée par la police qui a tiré des balles à blanc. Deux étudiants ont été arrêtés.

Wiki Meaga a été arrêté en novembre 2010 alors qu’il se rendait à l’enterrement d’un membre de sa famille dont l’état de santé a empiré après avoir été torturé par la police. Meaga et huit autres Papous ont été accusés d’avoir brandi le drapeau ‘Morning Star’ interdit en Papouasie avant de quitter leur village dans les hauteurs. Ils ont été torturés après leur arrestation. Six d’entre eux ont été reconnus coupables de ‘trahison’ et condamnés à huit mois d’emprisonnement. Le sort des trois autres hommes reste inconnu.

Les manifestants menottés et bâillonnés, devant l’ambassade d’Indonésie.

Dans un message qu’il a envoyé aux manifestants londoniens, Dominikus Surabut, un activiste papou, écrivain et réalisateur de documentaire, qui a été arrêté en 2011 dit : ‘Je ne peux pas être des vôtres aujourd’hui car je suis en prison, mais mon âme et mon esprit sont avec vous. Tous unis et forts, nous vaincrons’.

Nixiwaka Yawanawá, un Indien yawanawá d’Amazonie brésilienne, qui collabore avec Survival International sur la question des droits des peuples indigènes, était parmi les manifestants. Il a déclaré : ‘En tant qu’Indien d’Amazonie, je comprends le combat des Papous pour la liberté et la justice. Les tribus papoues ont souffert du racisme et de la violence de la part du gouvernement indonésien durant plus de 50 ans; cette situation inhumaine doit cesser de toute urgence’.

Peter Tatchell, militant des droits de l’homme, a pris part à la manifestation à Londres aujourd’hui.

Depuis que l’Indonésie a occupé la Papouasie (la partie occidentale de l’île de Nouvelle Guinée) en 1963, plus de 100 000 Papous ont été victimes du régime de terreur imposé par l’armée indonésienne.

Stephen Corry, directeur de Survival International, a déclaré aujourd’hui : ‘Cette manifestation offre un excellent exemple des absurdités véhiculées actuellement par certains auteurs américains de vulgarisation scientifique qui proclament que le rôle d’un Etat pacifique est de pacifier les tribus ‘violentes’. L’occupation de la Papouasie occidentale par l’Indonésie s’est effectuée dans un bain de sang, par le meurtre et la torture de dizaines de milliers de Papous qui s’opposaient à leurs colonisateurs. Elle est l’une des plus graves violations des droits de l’homme, et l’une des moins médiatisées au monde’.

Le renard

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España va muy bien

Depuis 2011, les manifestations et les émeutes se succèdent en Espagne, pays membre de l’UE, et frontalier à la France. En 2013, le nombre de manifestations s’élevait à 6.000 rien que pour cette année, soit plus de 16 par jour. Nos médias ont mis des moyens incroyables à nous raconter la révolution ukrainienne cet hiver, mais ils ne font qu’effleurer le sujet espagnol…

Les révoltes espagnoles actuelles ne doivent pas tomber dans l’oubli, ou la négligence, ces événements peuvent rappeler une trop récente et obscure partie de l’histoire d’Espagne.

Ukraine, manipulation médiatique, et expansionnisme militaire russe dans le Monde

Le 26 Février dernier, le ministre de la défense russe, Serguei Shoigou (Сергей Шойгу), a annoncé que la Russie pensait à étendre sa présence militaire dans le monde. La liste des pays concernés par l’expansion de la présence militaire russe inclue Cuba, le Venezuela, le Nicaragua, mais aussi le Vietnam, Singapour, et les Îles Seychelles. Les événements actuels en Ukraine ont-ils accéléré le processus ?

 

Selon Olga Oliker, directeur associé du Centre des Politiques de Défense et de Sécurité International  à la Rand Corporation basée à Santa Monica, en Californie, « Il paraît intéressant qu’entre les pays mentionné se trouvent des pays d’Amérique Latine, d’Asie, et du Moyen-Orient. C’est vraiment un rôle global pour la Russie, nous savons déjà ce qu’elle veut et ce n’est pas surprenant. Mais ça le confirme. »

Pour Olga Oliker, cette volonté de s’installer militairement dans le monde a une importance capitale dans la stratégie géopolitique russe. Elle ajoute que la Russie a annoncé cela « à cause de ce qui est en train de se passer en Ukraine. » même si, toujours selon elle, la Russie l’aurait annoncé tôt ou tard, car « cela fait partie de l’idée générale de la Russie de réclamer sa place dans le Monde. »

D’autres sont plus radicaux, et s’expriment clairement : « Tout à avoir avec l’Ukraine », ou encore « La Russie et Vladimir Poutine (Владимир Путин) sont en train d’agir dans une mentalité de Guerre Froide ». C’est ce qu’a dit l’analyste Moisés Naím, du département de l’économie internationale à la Fondation Carnegie pour la Paix Internationale (Carnegie Endowment for Internacional Peace) lors d’un entretien avec BBC Mundo. Il ajoute : « Dans le cas de l’Ukraine, qui était sur le point de signer un accord d’association avec l’Europe, Poutine est intervenu de manière agressive pour empêcher que le président Viktor Ianoukovytch (Виктор Янукович) signe cet accord. »

Après les protestations contre la décision du président ukrainien de favoriser un accord de coopération avec la Russie plutôt qu’avec l’Union Européenne, des violents affrontements ont eu lieu entre les forces de l’ordre et les manifestants qui ont débouché sur la destitution du président ukrainien, par le parlement.

Aujourd’hui, à l’heure où les troupes russes s’amassent en Crimée, région russophone et dominée par la communauté russe, nos médias parlent aujourd’hui de « guerre médiatique » déclenchée par Vladimir Poutine (Владимир Путин), mais ne l’avons-nous même, pas commencé en occident ?

 

En effet, beaucoup d’analystes ont d’ores et déjà qualifié les protestations « d’échecs » au plan d’expansion russe.

Selon Moises Naím, « L’homme considéré comme le plus puissant du monde a vu comment, par la pression de la rue, le pays a échappé au contrôle d’un dirigeant. D’où l’idée d’établir des bases militaires dans d’autres pays ».

Pour Naím, la Russie ne chercherait qu’à « réaffirmer le grand projet de Vladimir Poutine (Владимир Путин), et de faire de la Russie un grand acteur mondial, et d’être le restaurateur de la grandeur et de la réputation russe […] Le vrai défi de la Russie a été de réellement découvrir ce qu’elle veut. Oui, elle a un rôle actuel en Syrie, mais il est beaucoup moins clair en Asie, et en Amérique Latine ».

Mr. Naím craindrait donc, dans un relent de Guerre Froide, une expansion militaire russe dans le monde, du fait des actuelles positions militaires des Etats-Unis et de ses alliés, peut-être par peur de déranger l’ordre politique mondial établi.

 

L’annonce de Serguei Shoigou (Сергей Шойгу), porte sur l’installation de bases au Venezuela, à Cuba, et au Nicaragua.

En 2008, pendant une visite à Moscou, l’ex-président du Venezuela, Hugo Chavez, a manifesté son soutien à la présence militaire russe sur le territoire vénézuélien : « Si les forces armées russes veulent être au Venezuela, elles seront reçues chaleureusement ». Pour Chavez, décédé il y un an, la Russie a « le potentiel militaire pour garantir sa présence dans le monde ».

Le ministre a indiqué que les conversations portaient sur l’utilisation de ports à la marine russe, et d’aéroports pour le ravitaillement des avions bombardier en mission de patrouille.

Serguei Shoigou (Сергей Шойгу) assure que les gouvernements des pays concernés « sont sur le point d’atteindre des résultats ». Comprenez par-là que les troupes russes pourront alors stationner de façon permanente à Cuba, au Venezuela, au Nicaragua, aux Seychelles, à Singapour, et au Vietnam comme ils le font déjà en Biélorussie, au Kazakhstan, ou en Ukraine, dans la fameuse république autonome de Crimée. Après tout, l’Union Européenne et les Etats-Unis ont aussi des installations militaires permanentes dans le Monde (Cf. Djibouti, par exemple).

 

En 2009, soit un an après les propos de Chavez à Moscou, Álvaro Uribe Vélez, l’ex-président colombien et ennemi de Chavez, avait annoncé un accord avec  les Etats-Unis autorisant les unités étasuniennes à utiliser les bases militaires colombiennes. Cet événement a suscité une grande controverse dans la région. En effet, la Colombie est un pays voisin du Venezuela, et ces deux pays d’Amérique du Sud, opposés politiquement, sont respectivement supportés par les Etats-Unis et la Russie. D’ailleurs, cet accord a été annulé un an plus tard après une décision judiciaire colombienne.

Les grandes puissances militaires (autant les Etats-Unis que la Russie) ont donc le pouvoir de déstabiliser des régions du monde par leur politique militaire expansionniste, en s’appuyant sur des jeux de rivalités (Cf. ci-dessus : Colombie – Venezuela), même si la Russie joue actuellement le rôle de digue, en protégeant simplement les communautés russes hors de Russie, notamment en Ukraine, ou en essayant d’éviter une propagation (ou importation) des conflits actuels, qu’ils soient ukrainiens ou syriens.
La Russie marque donc des points, contrairement aux Etats-Unis et leurs fidèles alliés, censés défendre la paix et la démocratie, qui ne passent que pour des agitateurs opportunistes notamment concernant la guerre en  Syrien, et rappelons-nous de la récente guerre en Lybie…

Les occidentaux ne supportent les idées de « révolutions » que lorsqu’il y a un intérêt à prendre parti pour les révoltés ! Et compte tenu des moyens médiatiques déployés en Ukraine par la Presse occidentale afin de moraliser les événements de façon très manichéenne, on ne peut que se demander s’il n’y a pas eu d’autres moyens mis à la disposition de cette révolution qui secoue l’Ukraine en ce moment. On peut alors comprendre la réaction russe de vouloir plus s’implanter militairement à l’étranger, à commencer par l’Ukraine, dans le but de protéger ses alliés. Ainsi, cette réaction permettrait à la Russie de contenir les revendications nationalistes, souhaitant très souvent s’éloigner de celle-ci et de la Communauté des Etats Indépendants (CEI – Содружество Независимых Государств) pour se rapprocher de l’Union Européenne.

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(Le Suricate)

« Súmate al cambio »

violence policière

Tout s’est accéléré le 29 Novembre dernier, lorsque le conseil des ministres adopte le nouveau projet de loi concernant la « Sécurité Citoyenne », renforçant considérablement les services de répression et dissuadant les manifestations.

Un exemple de cette réforme : filmer un policier en service est devenu passible d’une amende de 30.000 €. Vous comprenez bien que leurs bavures, qui se font courantes actuellement, passeront alors de plus en plus inaperçues. Même amende pour  les manifestations s’organisant spontanément autour d’une opinion, sans autorisation sur les réseaux sociaux, ou devant les bâtiments de l’État. Les amendes pour les plus graves « infractions » vont de 30.001 à 600.000 €. Oui, 600.000 € ! Le but étant de décourager et asphyxier économiquement les opposants au régime de Mariano Rajoy du Parti Populaire (PP), instaurer une majorité silencieuse et laisser impunément faire les politiciens. C’est-à-dire une marche arrière de 30 ans sur le plan social.

Puis vint la proposition de loi de Alberto Ruiz Gallardon, restreignant l’avortement, approuvée le 20 décembre au Parlement…

Cette loi ne permettrait l’avortement qu’aux femmes prouvant qu’un viol est à l’origine de leur grossesse, en ayant déposé plainte auparavant, puis en acceptant qu’un rapport soit fait sur elle-même, puis un autre sur son fœtus. L’avortement ne sera appliqué seulement si une malformation est reconnue sur le fœtus.

Autrement, l’avortement ne sera possible que sous le prétexte de danger psychologique et/ou d’incapacité physique. Dans ce cas, deux médecins ne pratiquant pas dans l’établissement où se déroulera l’opération, devront diagnostiquer la femme enceinte. A noter que l’avortement ne pourra s’appliquer (en plus des précédentes conditions) qu’avec l’accord des parents, pour les mineures de 16 ans et 17 ans.

Concernant les handicaps, ils ne seront pratiquement plus considérés comme un motif à l’avortement. Il faut que le fœtus soit diagnostiqué invalide, ou présentant de graves incapacités. Un fœtus atteint de la trisomie 21, par exemple, ne pourra plus être l’objet d’un avortement.

Évidemment, cette loi fait polémique, et suscite de nombreuses réactions à travers l’Espagne, débouchant entre autres sur des affrontements entre manifestants et policiers. C’est à ce moment que la réforme concernant la « Sécurité Citoyenne » prend tout son sens !

Hier soir, Vendredi 17 Janvier 2014 vers 20H00, lors d’une manifestation à Barcelone de soutien aux riverains du quartier Gamonal à Burgos, la Guardia Urbana de Barcelone a utilisé le canon à son pour disperser la foule, d’environ 1.500 personnes selon les forces de l’ordre. Le canon à son est une arme non létale, mais pas inoffensive car elle peut causer de graves lésions sur le système auditif. Si vous êtes curieux de savoir à quoi ressemble le bruit émis par un canon à son, jetez une oreille à cette vidéo :

http://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=iSvrqEAT_k0

Bien sûr, les manifestations sont devenues monnaie courantes en Espagne depuis près de deux ans, mais actuellement les évènements ont passé un cap en terme de brutalité, dans un contexte où le PP veut instaurer un climat de peur et de silence. La violence policière y est omniprésente, et la réforme de la « Sécurité Citoyenne » ne fait que conforter la position des forces de l’ordre. Sur la  vidéo ci-dessous, vous pouvez voir la police tirer sur la foule dans une gare, matraquer des manifestants ou tout simplement des passants, s’acharner sur un homme tenant (probablement) son fils dans ses bras en criant « Honte » à la police, puis provoquer les journalistes présents sur les lieux :

http://www.youtube.com/watch?v=YvsezeOWFcc&list=PLN3uQ7GqlpxT32NmeURQgrap8PHOMLdVu&index=56

Le silence du roi Juan Carlos Ier d’Espagne sur ces évènements est par ailleurs étonnant, lui qui avait permis de modifier les desseins de Franco en 1975… Beaucoup d’espagnols le disent : on n’a pas vu ça depuis la chute du régime franquiste.

Note : Pour plus d’infos concernant l’affaire du quartier Gamonal à Burgos, voici un article en espagnol expliquant la situation : http://www.rtve.es/noticias/20140113/esta-pasando-barrio-burgales-gamonal/847700.shtml

(Le Suricate)