Le Paraguay rend les terres du Chaco aux Sawhoyamaxa, propriétaires ancestraux de la région

Après les approbations du Sénat et de la Chambre des députés, il ne reste plus que l’accord (ou le véto) du président Horacio Cartes Jara pour que les terres de la région du Chaco, dans le nord du Paraguay, soit enfin restituer à leurs propriétaires légitimes.

Actuellement, les propriétaires officiels de ces terres sont deux entreprises (Kansol et Roswell Company) dont l’une est controversée. Selon le site Paraguay.com, dans les années 1980, elle a été condamnée pour avoir arnaqué des investisseurs allemands avec un schéma de vente de terrain frauduleux.

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« Le Paraguay est le seul pays sous la juridiction de la CIDH (Cour Interaméricaine du Droit Humain – Corte Interamericana de Derechos Humanos) qui a été condamné à trois reprises pour violation des droits des peuples autochtones », d’après Eduardo Arce, journaliste spécialiste du domaine amérindien. A ce sujet, il faut aussi préciser que le Canada, les Etats-Unis, le Belize, Cuba, le Venezuela, Trinidad-et-Tobago, et la Guyana ne sont pas membres de cette institution. Par ailleurs, le Pérou a récemment beaucoup critiqué la CIDH. De toute évidence, il y aurait un problème d’intégrité dans la politisation de cette institution…

Aujourd’hui, le Paraguay est sur le point de restituer les terres indigènes aux autochtones en expropriant deux entreprises. Ce serait une première. A noter que, politiquement, le Paraguay est dirigé par la coalition ANR-PC (Allianza Nacional Republicana-Partido Colorado – Alliance Nationale Républicaine-Parti Colorado), coalition de droite libérale malgré le rouge comme couleur dominante.

Le président paraguayen, Horacio Cartes Jara

Le président paraguayen, Horacio Cartes Jara

La loi sur la commercialisation de la marihuana en Uruguay ne fait pas l’unanimité…

Selon José Mujica, actuel président de l’Uruguay, la politique de répression du pays contre la marihuana n’est pas fructueuse et la situation en Uruguay est de pire en pire. On parle de chemin alternatif à celui de la guerre des drogues.

Dans un entretien téléphonique avec la BBC Mundo, Mujica explique que la réglementation de cette loi contient 100 articles, et que le sujet est donc délicat. « Et ce n’est en rien ce à quoi pensent certains : [une loi] laissant la possibilité au peuple à consommer des drogues ou de la marihuana à tambour battant », a-t-il ajouté. D’après Mujica, la consommation de cannabis aurait été multipliée par 100 en 25 ans, malgré les pressions, les répressions, les confiscations de chargements de drogues, etc…

Mais le président uruguayen a d’ores et déjà annoncé que la voie que le pays allait emprunter n’est pas un « chemin triomphal » mais un « chemine d’expérience ». José Mujica rappelle que chaque addiction reste une « peste », et que l’expérience législative et sociale (voire économique) de la commercialisation du cannabis est menée avec « honnêteté intellectuelle ».

Mujica

L’Organe International de Contrôle des Stupéfiants (OICS) a, quant à elle, critiqué cette « expérience » rejoignant ainsi l’opposition politique uruguayenne (Partido Colorado, et Partido Nacional), ainsi qu’une grande partie de la population si l’on tient compte d’un récent sondage paru le 7 Mai.

stats(Les données chiffrées ont pour source l’enquête de « Equipos Mori », publiée sur le journal uruguayen « El País »)

Pour le président Mujica, être contre cette expérience est compréhensible lorsque l’on est conservateur et parmi « ceux qui refusent chaque changement ». Cette expérience permettrait de constater dans plusieurs années si la consommation de drogues augmente ou diminue, et d’en tirer une conclusion sociale. Quant aux attaques de l’opposition, Mujica ajoute : « Je ne suis pas impressionné par les cris qui me frappent. J’ai ma manière de pensée. »

 

marihuanaConsommation : Qui ?

Pour consommer, il faut être majeur (18 ans en Uruguay), et avoir la nationalité uruguayenne, légale ou naturelle. C’est-à-dire être né uruguayen, ou avoir été naturalisé en résidant sur le sol uruguayen avec une « résidence permanente dûment accréditée ».

De plus, les consommateurs devront s’enregistrer sur une base de données confidentielle du gouvernement, certainement pour faciliter les études et les statistiques qui serviront dans quelques années à tirer une conclusion sociale.

Il sera possible de cultiver soi-même son propre cannabis mais pour ce faire, il faut que l’individu intéressé s’enregistre à son tour auprès de l’IRCCA (Institut de Contrôle et de Régulation du Cannabis – Instituto de Regulación y Control de Cannabis), crée par la loi votée en Décembre, dans un délai de 180 jours.

 

Production, Consommation : Comment ?

La production de la marihuana sera assuré par six entreprises privées (un appel a déjà été lancé par l’IRCCA), qui devront garder leurs plantations par les forces policières voire l’Armée. Les coûts de sécurité seront au compte de l’entreprise. Chaque entreprise aura à sa disposition 1.5 hectares à exploiter. Le quotidien uruguayen El País précise « Les entreprises devront détailler la structure de sa société, et l’origine des fonds de ses investisseurs ».

Le taux de tétrahydrocannabinol (THC) est fixé à 15% (aux Pays-Bas, le taux de THC est également et strictement limité à 15% maximum)

Le gramme de marihuana, qui ne sera pas exposé au public, ou en vitrine, coûtera entre 0.63€ et 0.69€, soit entre 20 et 22 pesos uruguayos. Aux Pays-Bas, le coût par gramme est compris entre 2 et 15€. Tout dépend de la variété, du type, et de la quantité consommée. En général le prix est d’environ 5€. A noter que le revenu moyen par habitant en parité de pouvoir d’achat (PPA) d’Uruguay est le plus élevé d’Amérique Latine avec 17.343 dollars, (juste devant le Venezuela dont le revenu moyen par habitant en PPA est de 16.965 dollars). Ces chiffres étant parus sur le journal mexicain « La Jornada » en s’appuyant sur les données de la Banque Mondiale. Les Pays-Bas ont, pour le même indicateur, 42.300 dollars.

Les achats seront limités à 10 grammes par semaine.

Pour se procurer le produit, il faudra se rendre en pharmacie (même si celles-ci ne sont pas obligées d’en vendre), dans des clubs dédiés à cet effet (ce qui pourrait rappeler les coffee shops aux Pays-Bas), ou alors utiliser sa propre culture. (Voir ci-dessus)

La consommation de la marihuana sera, comme celle du tabac, interdite dans les lieux fermés et les transports en commun.

 

(Le Suricate)

Ukraine, manipulation médiatique, et expansionnisme militaire russe dans le Monde

Le 26 Février dernier, le ministre de la défense russe, Serguei Shoigou (Сергей Шойгу), a annoncé que la Russie pensait à étendre sa présence militaire dans le monde. La liste des pays concernés par l’expansion de la présence militaire russe inclue Cuba, le Venezuela, le Nicaragua, mais aussi le Vietnam, Singapour, et les Îles Seychelles. Les événements actuels en Ukraine ont-ils accéléré le processus ?

 

Selon Olga Oliker, directeur associé du Centre des Politiques de Défense et de Sécurité International  à la Rand Corporation basée à Santa Monica, en Californie, « Il paraît intéressant qu’entre les pays mentionné se trouvent des pays d’Amérique Latine, d’Asie, et du Moyen-Orient. C’est vraiment un rôle global pour la Russie, nous savons déjà ce qu’elle veut et ce n’est pas surprenant. Mais ça le confirme. »

Pour Olga Oliker, cette volonté de s’installer militairement dans le monde a une importance capitale dans la stratégie géopolitique russe. Elle ajoute que la Russie a annoncé cela « à cause de ce qui est en train de se passer en Ukraine. » même si, toujours selon elle, la Russie l’aurait annoncé tôt ou tard, car « cela fait partie de l’idée générale de la Russie de réclamer sa place dans le Monde. »

D’autres sont plus radicaux, et s’expriment clairement : « Tout à avoir avec l’Ukraine », ou encore « La Russie et Vladimir Poutine (Владимир Путин) sont en train d’agir dans une mentalité de Guerre Froide ». C’est ce qu’a dit l’analyste Moisés Naím, du département de l’économie internationale à la Fondation Carnegie pour la Paix Internationale (Carnegie Endowment for Internacional Peace) lors d’un entretien avec BBC Mundo. Il ajoute : « Dans le cas de l’Ukraine, qui était sur le point de signer un accord d’association avec l’Europe, Poutine est intervenu de manière agressive pour empêcher que le président Viktor Ianoukovytch (Виктор Янукович) signe cet accord. »

Après les protestations contre la décision du président ukrainien de favoriser un accord de coopération avec la Russie plutôt qu’avec l’Union Européenne, des violents affrontements ont eu lieu entre les forces de l’ordre et les manifestants qui ont débouché sur la destitution du président ukrainien, par le parlement.

Aujourd’hui, à l’heure où les troupes russes s’amassent en Crimée, région russophone et dominée par la communauté russe, nos médias parlent aujourd’hui de « guerre médiatique » déclenchée par Vladimir Poutine (Владимир Путин), mais ne l’avons-nous même, pas commencé en occident ?

 

En effet, beaucoup d’analystes ont d’ores et déjà qualifié les protestations « d’échecs » au plan d’expansion russe.

Selon Moises Naím, « L’homme considéré comme le plus puissant du monde a vu comment, par la pression de la rue, le pays a échappé au contrôle d’un dirigeant. D’où l’idée d’établir des bases militaires dans d’autres pays ».

Pour Naím, la Russie ne chercherait qu’à « réaffirmer le grand projet de Vladimir Poutine (Владимир Путин), et de faire de la Russie un grand acteur mondial, et d’être le restaurateur de la grandeur et de la réputation russe […] Le vrai défi de la Russie a été de réellement découvrir ce qu’elle veut. Oui, elle a un rôle actuel en Syrie, mais il est beaucoup moins clair en Asie, et en Amérique Latine ».

Mr. Naím craindrait donc, dans un relent de Guerre Froide, une expansion militaire russe dans le monde, du fait des actuelles positions militaires des Etats-Unis et de ses alliés, peut-être par peur de déranger l’ordre politique mondial établi.

 

L’annonce de Serguei Shoigou (Сергей Шойгу), porte sur l’installation de bases au Venezuela, à Cuba, et au Nicaragua.

En 2008, pendant une visite à Moscou, l’ex-président du Venezuela, Hugo Chavez, a manifesté son soutien à la présence militaire russe sur le territoire vénézuélien : « Si les forces armées russes veulent être au Venezuela, elles seront reçues chaleureusement ». Pour Chavez, décédé il y un an, la Russie a « le potentiel militaire pour garantir sa présence dans le monde ».

Le ministre a indiqué que les conversations portaient sur l’utilisation de ports à la marine russe, et d’aéroports pour le ravitaillement des avions bombardier en mission de patrouille.

Serguei Shoigou (Сергей Шойгу) assure que les gouvernements des pays concernés « sont sur le point d’atteindre des résultats ». Comprenez par-là que les troupes russes pourront alors stationner de façon permanente à Cuba, au Venezuela, au Nicaragua, aux Seychelles, à Singapour, et au Vietnam comme ils le font déjà en Biélorussie, au Kazakhstan, ou en Ukraine, dans la fameuse république autonome de Crimée. Après tout, l’Union Européenne et les Etats-Unis ont aussi des installations militaires permanentes dans le Monde (Cf. Djibouti, par exemple).

 

En 2009, soit un an après les propos de Chavez à Moscou, Álvaro Uribe Vélez, l’ex-président colombien et ennemi de Chavez, avait annoncé un accord avec  les Etats-Unis autorisant les unités étasuniennes à utiliser les bases militaires colombiennes. Cet événement a suscité une grande controverse dans la région. En effet, la Colombie est un pays voisin du Venezuela, et ces deux pays d’Amérique du Sud, opposés politiquement, sont respectivement supportés par les Etats-Unis et la Russie. D’ailleurs, cet accord a été annulé un an plus tard après une décision judiciaire colombienne.

Les grandes puissances militaires (autant les Etats-Unis que la Russie) ont donc le pouvoir de déstabiliser des régions du monde par leur politique militaire expansionniste, en s’appuyant sur des jeux de rivalités (Cf. ci-dessus : Colombie – Venezuela), même si la Russie joue actuellement le rôle de digue, en protégeant simplement les communautés russes hors de Russie, notamment en Ukraine, ou en essayant d’éviter une propagation (ou importation) des conflits actuels, qu’ils soient ukrainiens ou syriens.
La Russie marque donc des points, contrairement aux Etats-Unis et leurs fidèles alliés, censés défendre la paix et la démocratie, qui ne passent que pour des agitateurs opportunistes notamment concernant la guerre en  Syrien, et rappelons-nous de la récente guerre en Lybie…

Les occidentaux ne supportent les idées de « révolutions » que lorsqu’il y a un intérêt à prendre parti pour les révoltés ! Et compte tenu des moyens médiatiques déployés en Ukraine par la Presse occidentale afin de moraliser les événements de façon très manichéenne, on ne peut que se demander s’il n’y a pas eu d’autres moyens mis à la disposition de cette révolution qui secoue l’Ukraine en ce moment. On peut alors comprendre la réaction russe de vouloir plus s’implanter militairement à l’étranger, à commencer par l’Ukraine, dans le but de protéger ses alliés. Ainsi, cette réaction permettrait à la Russie de contenir les revendications nationalistes, souhaitant très souvent s’éloigner de celle-ci et de la Communauté des Etats Indépendants (CEI – Содружество Независимых Государств) pour se rapprocher de l’Union Européenne.

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(Le Suricate)

La qualité des médias et la sécurité des journalistes au Guatemala ne satisfont pas la SIP

La Société Interaméricaine de Presse (Sociedad Interamericana de Prensa – SIP) demande au Guatemala de faire plus d’efforts pour endiguer les violences à l’égard des journalistes et plus d’information dans l’enquête concernant l’assassinat de 4 reporters dans le pays en 2013. Voici leur noms : Carlos Orellana Chávez, Luis de Jesús Lima, Luis Alberto Lemus Ruano et José Napoleón Jarquín Duarte.

Claudio Paolillo, président de la Commission de Liberté de Presse et d’Information de la SIP, a annoncé que les violences contre les journalistes se sont accrues au Guatemela, et accuse le gouvernement de ne pas encourager assez les médias à « une plus grande diversité et pluralité des voies ». Le travail des journalistes, et reporters serait donc entravé ? Est-ce le gouvernement ou les délinquants qui tuent les journalistes ?

 

Le président guatémaltèque, Otto Pérez Molina, avait pourtant affirmé peut avant l’examen de la SIP que le pays était prêt. « Nous sommes préparés. Nous allons dire que nous sommes respectueux de l’examen. »

Par ailleurs, Fernando Alvarado Espinel, secrétaire national équatorien de la communication depuis 2009, avait déjà critiqué la SIP, en 2013, comme étant de « ceux qui voient les médias comme un juteux négoce à protéger ». Pour Fernando Alvarado Espinel, la SIP « n’a rien à voir avec la défense de la liberté d’expression ni la liberté de la presse, mais plutôt de la liberté d’entreprendre ».

Otto Pérez Molina et Fernando Alvarado Espinel ne sont pourtant pas du même bord idéologique ! Alors que le président guatémaltèque est un général retraité à la tête du Parti Patriote (de droite) ayant pour projet dominant de combattre d’une « main dure » (le slogan du parti est « Mano Dura ») la délinquance et l’insécurité en général, le politicien équatorien est un membre du gouvernement (de gauche) « Alianza País», se basant sur la Révolution Citoyenne que nous pouvons aussi retrouver au Pérou, en Bolivie, et au Venezuela.

 

La SIP est basée à Miami et se définie comme une entité indépendante à but non lucratif. Malgré sa transparence irréprochable (cf. le lien ci-dessous), et compte tenu des propos relativement convergents entre deux personnalités politiques radicalement opposés, l’organisation journalistique prétendant défendre la libre circulation de l’information manquerait-elle d’objectivité ?

La SIP n’arrive peut-être pas à se détacher de sa vision américano-étasunienne, et ne peut (ou veut) pas comprendre l’éthique médiatique en Amérique Latine. Le chef d’Etat guatémaltèque avait aussi annoncé que l’un des thèmes abordés lors de la rencontre entre le gouvernement et la commission de Claudio Paolillo, porterait sur l’éthique journalistique.

SIP Otto Pérez Molina

Si vous voulez en savoir plus concernant la Sociedad Interamericana de Prensa (SIP) vous pouvez consulter leur site : http://www.sipiapa.org/la-sip-reclama-en-guatemala-mayor-esfuerzo-para-mejorar-clima-de-libertad-de-prensa/

(Le Suricate)